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 Etty Hillesum, une vie bouleversante

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Myriam
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MessageSujet: Etty Hillesum, une vie bouleversante   Jeu 10 Nov 2011 - 16:52


« La vie est si curieuse, si surprenante, si nuancée et à chaque tournant du chemin nous découvrons une vue entièrement nouvelle. Il faut s'affranchir intérieurement de toutes les représentations convenues. »

"La plupart des gens ont une vision conventionnelle de la vie, [...], il faut avoir le courage de se détacher de tout, de toutes normes [...] il faut oser faire le grand bond dans le cosmos : alors la vie devient infiniment riche, elle déborde de dons, même au fond de la détresse."

Etty Hillesum, née le 15 janvier 1914 à Middelbourg, en Zélande, aux Pays-Bas et décédée le 30 novembre 1943 au camp de concentration d’Auschwitz en Pologne, est une jeune femme juive connue pour avoir, pendant la Seconde Guerre mondiale, tenu son journal intime (1941-1942) et écrit des lettres (1942-1943) depuis le camp de transit de Westerbork.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Etty_Hillesum

Pour en savoir plus sur sa vie:
http://www.nouvellescles.com/article.php3?id_article=167


Etty Hillesum, une vie bouleversante
par Anne Ducrocq

Vivant dans une joie miraculeuse et charismatique l’une des pages les plus noires de l’Histoire, une jeune juive hollandaise de vingt-neuf ans s’apprête à être déportée avec une liberté d’esprit surprenante face aux évènements et face à elle-même. Jour après jour, dans un combat lumineux et singulier pour rencontrer la vérité et la réalité telle qu’elle est, elle confie à son journal son cheminement mystique et son inébranlable parti pris d’espérance : la vie est “belle et pleine de sens” à chaque instant.

http://www.psychologies.com/cfml/LivreUne/c_LivreUne.cfm?id=995
Le jésuite Paul Lebeau étudie ce témoignage et révèle l’expérience spirituelle unique de cette intellectuelle juive de 27 ans.

http://www.psychologies.com/cfml/LivreUne/c_LivreUne.cfm?id=266
Etty Hillesum par Sylvie Germain

Sylvie Germain est évidemment fascinée par le cheminement intérieur d’Etty, qui en des temps de dépouillement extrême et d’abandon total, trouve malgré tout la force de se connecter à l’idée d’un Dieu qui n’appartiendrait à aucune religion.

Lucide, elle écrivait : " Je suis à la recherche d’un abri pour moi-même, et la maison qui me l’offrira, je devrai la bâtir moi-même, pierre par pierre. "


http://www.assomption.org/Ressources/ItinerairesAugustiniens/IA29/Hillesum.htm
Etty HILLESUM et saint AUGUSTIN
" Je vais reprendre ma lecture de saint Augustin.
Quel abandon sans réserve dans ses lettres d'amour à Dieu !
A vrai dire, on ne devrait écrire que des lettres d'amour à Dieu. "

Elle a été très influencé et interpelé par "Les confession de Saint Augustin."
« Dieu », dit-elle. De quel Dieu s’agit-il ? Sous l’influence de son ami Spier, elle s’est rapprochée, en méditant le Nouveau Testament et les Confessions de saint Augustin, du Dieu se révélant dans le Serviteur souffrant. Elle entre dans une relation avec un Dieu mystérieusement vulnérable, tel que l’évoquera plus tard ce qu’on a appelé la « théologie de l’après Auschwitz» : un Dieu qui, par amour, a choisi d’avoir besoin des hommes pour être reconnu et accueilli au milieu des ténèbres de ce monde.

« Je vais t’aider, mon Dieu, écrit-elle encore, à ne pas t’éteindre en moi. »

"Toi qui m'a tant enrichie, mon Dieu, permets-moi aussi de donner plaines les mains. Ma vie s'est muée en un dialogue ininterrompu avec toi, mon Dieu, un long dialogue. Quand je me tiens dans un coin du camps, les pieds plantés dans la terre, les yeux levés vers ton ciel, j'ai parfois le visage inondé de larmes - unique exutoire de mon émotion intérieur et de ma gratitude. Le soir aussi, lorsque couchée dans mon lit, je me recueille en toi, mon Dieu les larmes de gratitude m'inondent parfois le visage, et c'est ma prière. ...... Je ne lutte pas avec toi, mon Dieu, ma vie n'est qu'un long dialogue avec toi....

Dieu il contient tout et rend le reste inutile. Et toute mon énergie créatrice se convertit en dialogues intérieurs avec toi, la houle de mon cœur s'est fait plus large depuis que je suis ici,...., j'ai le sentiment que ma richesse intérieure s'accroit sans cesse."


" Mon Dieu, tu confies à ma garde tant de choses précieuses ! Espérons que j'y veillerai bien et que je les gèrerai à bon escient. Toutes ces conversations avec mes amis ne valent rien en ce moment. Je m'y use jusqu'à la corde. Je n'ai pas encore la force de m'isoler. Trouver le juste équilibre entre mon côté introverti et mon côté extraverti. Voilà la tâche la plus rude qui m'attend. Les deux tendances sont également fortes en moi. J'aime les contacts humains."


Son itinéraire est désormais celui d'une personne libre, qui puise à diverses sources. Elle en a conscience. Elle l'évoque en des métaphores qui sont aussi celles du De Beata Vita d'Augustin:
"Je me suis sentie - et je me sens encore - comme un navire qui vient d'embarquer une précieuse cargaison. On largue les amarres et le navire prend la mer, libre de toute entrave. Il relâche dans tous les pays et prend à son bord ce qu'il y a de plus précieux. On doit être sa propre patrie. Il m'a fallu deux soirées pour me décider à lui [Julius] raconter ce qu'il y a de plus intime. Pourtant j'avais très envie de lui dire comme pour faire un cadeau. Alors je me suis agenouillée là, sur cette vaste lande et je lui ai parlé de Dieu " (20 septembre 1941).

Je suis interpelée par ces écrits.

Les épreuves l'ont fait grandir intérieurement et sa vie est un témoignage riche et profonde et toujours d'actualité.

Elle écrit: " La vie est une chose merveilleuse et grande. Après la guerre, nous aurons à construire un monde entièrement nouveau, et à chaque exaction, à chaque nouvelle cruauté, nous devrons opposer un petit supplément d'amour et de bonté à conquérir sur nous-mêmes. "

“La saloperie des autres est aussi en nous. Et je ne vois pas d’autre solution que de rentrer en soi-même et d’extirper de son âme tout cette pourriture. Je ne crois plus que nous puissions corriger quoi que ce soit dans le monde extérieur, que nous n’ayons d’abord corrigé en nous. L’unique leçon de cette guerre est de nous avoir appris à chercher en nous-mêmes et pas ailleurs.”

Bibliographie :
- Une vie bouleversée, éd. du Seuil, 1985 et Lettres de Westerbork : les deux textes réunis sont disponibles dans la collection “Points-Seuil”, 1995.

- Etty Hillesum, de Sylvie Germain, éditions Pygmalion/Gérard Watelet, 1999.

- Portrait d’Etty Hillesum, de Ingmar Granstedt, éd. Desclée de Brouwer, 2001.

- Etty Hillesum, un itinéraire spirituel, du jésuite Paul Lebeau, éditions Albin Michel, coll. “Spiritualités vivantes”, 2001.

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"L’été vient. Mais il ne vient que pour ceux qui savent attendre, aussi tranquilles et ouverts que s’ils avaient l’éternité devant eux."Rainer Maria Rilke
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