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 Poèmes...

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Myriam
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Féminin Verseau Rat
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MessageSujet: Poèmes...   Lun 12 Juil 2010 - 17:51

Rappel du premier message :

Un topic où chacun pourra poster les poèmes qu'il aime, ou écrit...

J'ai longtemps habité sous de vastes portiques
Que les soleils marins teignaient de mille feux,
Et que leurs grands piliers, droits et majestueux,
Rendaient pareils, le soir, aux grottes basaltiques.

Les houles, en roulant les images des cieux,
Mêlaient d'une façon solennelle et mystique
Les tout-puissants accords de leur riche musique
Aux couleurs du couchant reflété par mes yeux.

C'est là que j'ai vécu dans les voluptés calmes,
Au milieu de l'azur, des vagues, des splendeurs
Et des esclaves nus, tout imprégnés d'odeurs,

Qui me rafraîchissaient le front avec des palmes,
Et dont l'unique soin était d'approfondir
Le secret douloureux qui me faisait languir.

Baudelaire

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"L’été vient. Mais il ne vient que pour ceux qui savent attendre, aussi tranquilles et ouverts que s’ils avaient l’éternité devant eux."Rainer Maria Rilke
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MessageSujet: Re: Poèmes...   Jeu 24 Mai 2012 - 16:07

Vers le futur nous devrions nous tourner.

Et surtout ne jamais regarder en arrière.
Rappeler à ses colères de se laisser apaiser,
Sa propre haine n'étant pas toujours usurière.

Le temps fait son effet, j'en suis convaincu.
Ecoutez la voix avant que la vie ne vous tue.


Bien que l'aube rouge parfois vous apparait,
Oh ! qu'il est bon de surpasser ses barrières.
Ne pas oublier qu'un jour le malheur passait,
Heureux qui saura dompter sa "Soufrière".
Et si dans leurs regards les solutions étaient !!
Unique force comme une vague hauturière,
Rien, autant qu'un enfant, ne fait passer le passé.

Hd'A

http://www.facebook.com/leoetzoe?ref=tn_tnmn#!/notes/po%C3%A9sie-et-citations-hda/passer-le-pass%C3%A9/10151382789275487




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MessageSujet: Re: Poèmes...   Lun 28 Mai 2012 - 8:56

Le Jardin

Des milliers et des milliers d'années
Ne sauraient suffire
Pour dire
La petite seconde d'éternité
Où tu m'as embrassé
Où je t'ai embrassée
Un matin dans la lumière de l'hiver
Au parc Montsouris à Paris
À Paris
Sur la terre
La terre qui est un astre.

Jacques Prévert
flower

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MessageSujet: Re: Poèmes...   Mer 4 Juil 2012 - 6:21

« Les Bijoux »

La très-chère était nue, et, connaissant mon cœur,
Elle n’avait gardé que ses bijoux sonores,
Dont le riche attirail lui donnait l’air vainqueur
Qu’ont dans leurs jours heureux les esclaves des Mores.

Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur,
Ce monde rayonnant de métal et de pierre
Me ravit en extase, et j’aime à la fureur
Les choses où le son se mêle à la lumière.

Elle était donc couchée et se laissait aimer,
Et du haut du divan elle souriait d’aise
À mon amour profond et doux comme la mer,
Qui vers elle montait comme vers sa falaise.

Les yeux fixés sur moi comme un tigre dompté,
D’un air vague et rêveur elle essayait des poses,
Et la candeur unie à la lubricité
Donnait un charme neuf à ses métamorphoses ;

Et son bras et sa jambe, et sa cuisse et ses reins,
Polis comme de l’huile, onduleux comme un cygne,
Passaient devant mes yeux clairvoyants et sereins ;
Et son ventre et ses seins, ces grappes de ma vigne,

S’avançaient, plus câlins que les Anges du mal,
Pour troubler le repos où mon âme était mise,
Et pour la déranger du rocher de cristal
Où, calme et solitaire, elle s’était assise.

Je croyais voir unis par un nouveau dessin
Les hanches de l’Antiope au buste d’un imberbe,
Tant sa taille faisait ressortir son bassin.
Sur ce teint fauve et brun le fard était superbe !

– Et la lampe s’étant résignée à mourir,
Comme le foyer seul illuminait la chambre,
Chaque fois qu’il poussait un flamboyant soupir,
Il inondait de sang cette peau couleur d’ambre !

Charles Baudelaire.

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MessageSujet: Re: Poèmes...   Dim 8 Juil 2012 - 9:28

Sin Sin Ming (Un maître T'chan- Zen)

La grande Voie n'est pas difficile,
il suffit d'éviter de choisir.
Si vous êtes libre de la haine et de l'amour,
elle apparaît en toute clarté.

S'en éloigne-t-on de l'épaisseur d'un cheveu,
un gouffre sépare alors le ciel et la terre.
Si vous voulez la trouver,
Ne tentez pas de suivre ni de résister.

La lutte entre le pour et le contre,
voilà la maladie du cœur !
Ne discernant pas le sens profond des choses,
vous vous épuisez en vain à pacifier votre esprit.

Perfection du vaste espace,
il ne manque rien à la Voie, il n'y a rien de superflu.
En recherchant ou en repoussant les choses,
nous ne sommes pas en résonance avec la Voie.

Ne pourchassez pas le monde soumis à la causalité,
ne vous perdez pas non plus dans un vide de phénomènes !
Si l'esprit demeure dans la paix de l'Unique,
cette dualité disparaît d'elle-même.

En cessant d'agir pour trouver la tranquillité,
celle-ci ne sera qu'un surcroît d'agitation.
Recherchant le mouvement ou le repos,
comment pourrions-nous connaître l'Unique ?

Quand on ne comprend pas la non-dualité de la Voie,
le mouvement et le repos sont faux.
Si vous repoussez le phénomène, il vous engloutit ;
si vous poursuivez le vide, vous lui tournez le dos.

À force de paroles et de spéculations,
nous nous éloignons de la Voie.
Coupant court aux discours et aux réflexions,
il n'est point de lieu où nous ne puissions pénétrer.

Revenir à la racine, c'est retrouver le sens ;
courir après les apparences, c'est s'éloigner de la Source.
Dans l'instant, en retournant notre regard,
nous dépasserons le vide des choses du monde.

Si le monde paraît changer,
c'est à cause de nos vues fausses.
Inutile de rechercher la vérité,
abandonnez seulement les vues fausses.

Ne vous attachez pas aux vues duelles,
veillez à ne pas les suivre.
À la moindre trace de bien ou de mal,
l'esprit s'embrouille dans les complexités.

La dualité n'existe que par rapport à l'Unité ;
ne vous attachez pas à l'Unité.
Pour un esprit qui ne fabrique pas,
les dix mille choses sont inoffensives.

Si une chose ne nous trouble pas, elle est comme inexistante ;
si rien ne se produit, il n'y a pas d'esprit.
Le sujet disparaît à la suite de l'objet ;
l'objet s'évanouit avec le sujet.

L'objet est objet par rapport au sujet ;
le sujet est sujet par rapport à l'objet.
Si vous désirez savoir ce que sont ces deux entités,
sachez qu'à l'origine elles sont vides de substance.

Dans ce vide unique, les deux se confondent
et chacune contient les dix mille choses.
N'essayez pas de distinguer le subtil du grossier ;
comment prendre parti pour ceci contre cela ?

L'essence de la grande Voie est vaste ;
il n'y a rien de facile, rien de difficile.
Les vues restreintes sont hésitantes et méfiantes ;
plus on pense aller vite, plus on va lentement.

Si nous nous attachons à la grande Voie, nous perdons la justesse ;
dans l'intention, nous nous engageons sur un chemin sans issue.
Laissez-la aller et toutes choses suivront leur propre nature ;
l'essence ne se meut pas ni ne demeure en place.

Écoutez la nature des choses et vous serez en accord avec la Voie,
libre et délivré de tout tourment.
Lorsque nos pensées sont fixées, nous tournons le dos à la vérité ;
nous nous embrouillons et sombrons dans le malaise.

Ce malaise fatigue l'âme :
à quoi bon fuir ceci et rechercher cela ?
Si vous désirez suivre le chemin du Véhicule unique,
N'ayez aucun préjugé contre les objets des six sens.

Quand vous ne les repousserez plus,
alors vous atteindrez l'illumination.
Le sage ne poursuit aucune tâche ;
le sot s'entrave lui-même.

Les choses sont dépourvues de distinctions ;
c'est notre attachement qui leur en confère.
Vouloir comprendre et utiliser l'Esprit,
n'est-ce pas là le plus grand de tous les égarements ?

L'illusion engendre tantôt le calme, tantôt le trouble ;
l'illumination détruit tout attachement et toute aversion.
Toutes les oppositions
viennent de la pensée.

Rêves, illusions, fleurs de l'air,
pourquoi s'exténuer à vouloir les saisir ?
Gain, perte, vrai et faux
disparaissent en un instant.

Si l'œil ne dort pas,
les rêves s'évanouissent d'eux-mêmes.
Si l'esprit ne se prend pas aux différences,
les dix mille choses ne sont qu'une unique Réalité.

En nous donnant au mystère des choses en leur réalité unique,
nous oublions le monde de la causalité.
Lorsque toutes les choses sont considérées avec équanimité,
elles retournent à leur nature originelle.

Ne cherchez pas le pourquoi des choses :
vous éviterez ainsi de tomber dans le monde des comparaisons.
Lorsque la tranquillité se meut, il n'y a plus de mouvement ;
Lorsque le mouvement s'arrête, il n'y a plus de tranquillité.

Les frontières de l'Ultime
ne sont pas gardées par des lois.
Si l'esprit est illuminé par l'identité,
toute activité cesse en lui.

Une fois les doutes balayés,
la vraie confiance luit, forte et droite.
Rien à retenir,
rien à se remémorer.

Tout est vide, rayonnant et lumineux par soi-même :
n'épuisez pas les forces de votre esprit.
L'Incomparable n'est pas mesurable par la pensée,
la Connaissance est insondable.

Dans la Réalité telle qu'elle est,
il n'y a ni autrui ni soi-même.
Si vous désirez vous y accorder,
une seule parole possible : non-deux !

Dans la non-dualité, toutes choses sont identiques,
il n'est rien qui ne soit en elle.
Les visionnaires en tous lieux
y ont accès ainsi.

Le principe est sans hâte ni retard ;
un instant est semblable à des milliers d'années.
Ni présent ni absent
et cependant partout devant vos yeux.

L'infiniment petit est comme l'infiniment grand,
dans l'oubli total des objets.
L'infiniment grand est pareil à l'infiniment petit,
lorsque l'œil n'aperçoit plus de limites.

L'existence est la non-existence,
la non-existence est l'existence.
Tant que vous ne l'aurez pas compris,
vous demeurerez agités.

Une chose est à la fois toutes choses,
toutes choses ne sont qu'une chose.
Si vous pouvez seulement saisir cela,
il est inutile de se tourmenter au sujet de la connaissance parfaite.

L'esprit de confiance est non duel ;
ce qui est duel n'est pas l'esprit de confiance.
Ici les voies du langage s'arrêtent,
car il n'est ni passé, ni présent, ni futur.

http://www.omalpha.com/jardin/sin.html

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MessageSujet: Re: Poèmes...   Mar 10 Juil 2012 - 7:03

RUMI

Allons, aujourd'hui, j'irai ivre,
Me faire d'un crâne une coupe et un calice
J'erre aujourd'hui ivre par cette ville ;
...Je cherche un sage pour le rendre fou.

Notre ivresse ne provient pas du vin vermeil,
Et ce vin n'existe que dans la coupe de mon imagination.
Tu es venu pour répandre mon vin ?
Mais le vin dont je m'enivre est invisible.

Quand je m'embrase du feu de mon essence
Je voudrais t'oublier un instant.
J'ai une âme qui enivre la raison,
Viens dans ma coupe, je te boirai toi-même.


O jour, lève-toi ! Des atomes dansent.
Les âmes, éperdues d'extase, dansent.
La voûte céleste, à cause de cet Etre,danse,
A l'oreille je te dirai où l'entraîne cette danse.

Nous avons appris à l'ami( ...) à boire le vin.
Nous possédons le feu de l'amour qui brûle l'amour même.
Depuis l'éternité le temps ne nous a pas vus dormir,
Pendant toutes ces nuits que nous avons changé en jour.

Je ne suis pas moi-même, tu n'es pas toi, tu n'es pas moi ;
Et cependant, je suis moi, tu es toi et tu es moi.
L'état où tu m'a mis est tel, ô idole de Khotan
Que je ne sais si je suis toi, ou si tu es moi.


J'étais un homme pieux, tu as fait de moi un chanteur
Un pilier de cabaret toujours assoiffé de vin.
J'étais assis gravement sur mon tapis de prière,
Tu as fait de moi la risée des enfants du quartier.


Nous le nommons tantôt le vin, et tantôt la coupe,
Tantôt l'or, ou bien l'argent brut.
Tantôt l'appât, tantôt le gibier, tantôt le piège.
Mais pourquoi toutes ces métaphores ? Pourquoi ne pas dire son nom ?


O âme du monde, j'ai perdu et l'âme et le monde,
O ma lune, j'ai perdu et la terre et le ciel.
Ne mets pas la coupe dans ma main, porte la à ma bouche,
Car enivré de toi, j'ai perdu le chemin de ma bouche


Tu n'es pas fait d'eau et de terre,
Tu es hors de ce monde errant, ce monde d'eau et d'argile.
Le corps est un ruisseau, l'âme l'eau de Jouvence qui y coule...
Là où tu te trouves, tu ne te soucies ni de l'un, ni de l'autre.


Je suis cette âme unique qui possède cent mille corps.
Mais que faire ? J'ai la bouche scellée!
J'ai vu une multitude d'homme qui tous n'étaient que moi-même :
Mais entre tous, je n'ai pas vu celui-là même que je suis.


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MessageSujet: Re: Poèmes...   Ven 20 Juil 2012 - 4:41

Mon bras pressait ta taille frêle...

Mon bras pressait ta taille frêle
Et souple comme le roseau ;
Ton sein palpitait comme l'aile
D'un jeune oiseau.

Longtemps muets, nous contemplâmes
Le ciel où s'éteignait le jour.
Que se passait-il dans nos âmes ?
Amour ! Amour !

Comme un ange qui se dévoile,
Tu me regardais, dans ma nuit,
Avec ton beau regard d'étoile,
Qui m'éblouit.

Victor HUGO (1802-1885)

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MessageSujet: Re: Poèmes...   Mer 25 Juil 2012 - 11:02

Amour

Je ne crains pas les coups du sort,
Je ne crains rien, ni les supplices,
Ni la dent du serpent qui mord,
... Ni le poison dans les calices,
Ni les voleurs qui fuient le jour,
Ni les sbires ni leurs complices,
Si je suis avec mon Amour.

Je me ris du bras le plus fort,
Je me moque bien des malices,
De la haine en fleur qui se tord,
Plus caressante que les lices ;
Je pourrais faire mes délices
De la guerre au bruit du tambour,
De l'épée aux froids artifices,
Si je suis avec mon Amour.

Haine qui guette et chat qui dort
N'ont point pour moi de maléfices ;
Je regarde en face la mort,
Les malheurs, les maux, les sévices ;
Je braverais, étant sans vices,
Les rois, au milieu de leur cour,
Les chefs, au front de leurs milices,
Si je suis avec mon Amour.

Blanche Amie aux noirs cheveux lisses,
Nul Dieu n'est assez puissant pour
Me dire : " Il faut que tu pâlisses ",
Si je suis avec mon Amour.

Germain NOUVEAU (1851-1920)

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MessageSujet: Re: Poèmes...   Mer 25 Juil 2012 - 15:53

Myriam a écrit:
Mon bras pressait ta taille frêle...

Mon bras pressait ta taille frêle
Et souple comme le roseau ;
Ton sein palpitait comme l'aile
D'un jeune oiseau.

Longtemps muets, nous contemplâmes
Le ciel où s'éteignait le jour.
Que se passait-il dans nos âmes ?
Amour ! Amour !

Comme un ange qui se dévoile,
Tu me regardais, dans ma nuit,
Avec ton beau regard d'étoile,
Qui m'éblouit.

Victor HUGO (1802-1885)

C'est beau.... c'est du Victor Hugo... j'aime
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MessageSujet: Re: Poèmes...   Mar 14 Aoû 2012 - 3:28

Au bord de la mer - Victor Hugo

Vois, ce spectacle est beau. - Ce paysage immense
Qui toujours devant nous finit et recommence ;
Ces blés, ces eaux, ces prés, ce bois charmant aux yeux ;
Ce chaume où l'on entend rire un groupe joyeux ;
L'océan qui s'ajoute à la plaine où nous sommes ;
Ce golfe, fait par Dieu, puis refait par les hommes,
Montrant la double main empreinte en ses contours,
Et des amas de rocs sous des monceaux de tours ;
Ces landes, ces forêts, ces crêtes déchirées ;
Ces antres à fleur d'eau qui boivent les marées ;
Cette montagne, au front de nuages couvert,
Qui dans un de ses plis porte un beau vallon vert,
Comme un enfant des fleurs dans un pan de sa robe ;
La ville que la brume à demi nous dérobe,
Avec ses mille toits bourdonnants et pressés ;
Ce bruit de pas sans nombre et de rameaux froissés,
De voix et de chansons qui par moments s'élève ;
Ces lames que la mer amincit sur la grève,
Où les longs cheveux verts des sombres goëmons
Tremblent dans l'eau moirée avec l'ombre des monts ;
Cet oiseau qui voyage et cet oiseau qui joue ;
Ici cette charrue, et là-bas cette proue,
Traçant en même temps chacune leur sillon ;
Ces arbres et ces mâts, jouets de l'aquilon ;
Et là-bas, par-delà les collines lointaines,
Ces horizons remplis de formes incertaines ;
Tout ce que nous voyons, brumeux ou transparent,
Flottant dans les clartés, dans les ombres errant,
Fuyant, debout, penché, fourmillant, solitaire,
Vagues, rochers, gazons, - regarde, c'est la terre !

Et là-haut, sur ton front, ces nuages si beaux
Où pend et se déchire une pourpre en lambeaux ;
Cet azur, qui ce soir sera l'ombre infinie ;
Cet espace qu'emplit l'éternelle harmonie ;
Ce merveilleux soleil, ce soleil radieux
Si puissant à changer toute forme à nos yeux
Que parfois, transformant en métaux les bruines,
On ne voit plus dans l'air que splendides ruines,
Entassements confus, amas étincelants
De cuivres et d'airains l'un sur l'autre croulants,
Cuirasses, boucliers, armures dénouées,
Et caparaçons d'or aux croupes des nuées ;
L'éther, cet océan si liquide et si bleu,
Sans rivage et sans fond, sans borne et sans milieu,
Que l'oscillation de toute haleine agite,
Où tout ce qui respire, ou remue, ou gravite,
A sa vague et son flot, à d'autres flots uni,
Où passent à la fois, mêlés dans l'infini,
Air tiède et vents glacés, aubes et crépuscules,
Bises d'hiver, ardeur des chaudes canicules,
Les parfums de la fleur et ceux de l'encensoir,
Les astres scintillant sur la robe du soir,
Et les brumes de gaze, et la douteuse étoile,
Paillette qui se perd dans les plis noirs du voile,
La clameur des soldats qu'enivre le tambour,
Le froissement du nid qui tressaille d'amour,
Les souffles, les échos, les brouillards, les fumées,
Mille choses que l'homme encor n'a pas nommées,
Les flots de la lumière et les ondes du bruit,
Tout ce qu'on voit le jour, tout ce qu'on sent la nuit ;
Eh bien ! nuage, azur, espace, éther, abîmes,
Ce fluide océan, ces régions sublimes
Toutes pleines de feux, de lueurs, de rayons,
Où l'âme emporte l'homme, où tous deux nous fuyons,
Où volent sur nos fronts, selon des lois profondes,
Près de nous les oiseaux et loin de nous les mondes,
Cet ensemble ineffable, immense, universel,
Formidable et charmant, - contemple, c'est le ciel !

Oh oui ! la terre est belle et le ciel est superbe ;
Mais quand ton sein palpite et quand ton oeil reluit,
Quand ton pas gracieux court si léger sur l'herbe
Que le bruit d'une lyre est moins doux que son bruit ;

Lorsque ton frais sourire, aurore de ton âme,
Se lève rayonnant sur moi qu'il rajeunit,
Et de ta bouche rose, où naît sa douce flamme,
Monte jusqu'à ton front comme l'aube au zénith ;

Quand, parfois, sans te voir, ta jeune voix m'arrive,
Disant des mots confus qui m'échappent souvent,
Bruit d'une eau qui se perd sous l'ombre de sa rive
Chanson d'oiseau caché qu'on écoute en rêvant ;

Lorsque ma poésie, insultée et proscrite,
Sur ta tête un moment se repose en chemin ;
Quand ma pensée en deuil sous la tienne s'abrite,
Comme un flambeau de nuit sous une blanche main ;

Quand nous nous asseyons tous deux dans la vallée ;
Quand ton âme, soudain apparue en tes yeux,
Contemple avec les pleurs d'une soeur exilée,
Quelque vertu sur terre ou quelque étoile aux cieux ;

Quand brille sous tes cils, comme un feu sous les branches,
Ton beau regard, terni par de longues douleurs ;
Quand sous les maux passés tout à coup tu te penches,
Que tu veux me sourire et qu'il te vient des pleurs ;

Quand mon corps et ma vie à ton souffle résonnent,
Comme un tremblant clavier qui vibre à tout moment ;
Quand tes doigts, se posant sur mes doigts qui frissonnent,
Font chanter dans mon coeur un céleste instrument ;

Lorsque je te contemple, ô mon charme suprême !
Quand ta noble nature, épanouie aux yeux,
Comme l'ardent buisson qui contenait Dieu même,
Ouvre toutes ses fleurs et jette tous ses feux ;

Ce qui sort à la fois de tant de douces choses,
Ce qui de ta beauté s'exhale nuit et jour,
Comme un parfum formé du souffle de cent roses,
C'est bien plus que la terre et le ciel, - c'est l'amour !

Bientôt Wink

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MessageSujet: Re: Poèmes...   Jeu 6 Sep 2012 - 6:19

Un jolie poème...qui me parle bien Wink


Je suis une sainte
Qui fuit l’église
Qui erre
Dans la nature
Sans sommeil

Sans fatigue
Caressant le sexe des feuilles
Et pénétrant la bouche des arbres.

Je suis une sainte
Qui danse
Sans habits
Avec les étoiles
Et les dévore
À la fin de la nuit.

Je suis une sainte
Qui cherche
Des mains
Pour se déposer sur son cœur
Et embrasser ses battements.

Je suis une sainte
Qui a faim
Qui veut manger
De ces peaux
Qui ne meurent jamais.

Je suis une sainte
Qui rêve
D’un paradis
Accroché aux seins
D’un lit.

Je suis une sainte
Qui a remplacé
Un Jésus endormi
Par une âme
Appelée « Liberté ».

Tima H marouche

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MessageSujet: Re: Poèmes...   Ven 14 Sep 2012 - 9:47

[center]Le fugitif
Publié par Vette de Fonclare dans Contes, La Haute Provence

Il y avait jadis, sur les bords de l’Ubaye,
Une antique chapelle. Un unique vitrail
L’éclairait joliment grâce aux rais de soleil
Qui tachaient le carreau de larges traits vermeils.

Serti dans ce vitrail, un jeune pastourou,
Entouré de moutons et toujours à genoux,
Suppliait le Seigneur. Petit saint ignoré
De la plupart des gens, il priait sans arrêt,

Les yeux tournés au ciel dans sa cage de verre.
Pourquoi était-il là ? Qui était-il ? Mystère…
Mais un soir de printemps, il y eut un orage
Et l’Ubaye déchaînée, dans son énorme rage,

Détruisit la chapell(e), n’en laissant que débris.
Le vitrail explosa et l’enfant en surgit
Avec un seul mouton. Des autres il ne restait
Que des éclats de verre et du plomb fracassé !

Le petit saint ravi n’attendit pas son reste,
Et retrouvant soudain la parole et les gestes
D’un gamin ordinaire, il se carapata.
Ras le bol de l’Eglise et marre de la foi,

Oubliée l’effigie prisonnière du verre !
Redevenu humain par un fort grand mystère,
Le petit saint s’enfuit bien loin de l’oratoire,
Oublieux du passé et de sa triste histoire.

Il s’en vint simplement vivre à Barcelonnette,
Comme un brave laïc, sans se prendre la tête.
Quant au mouton ravi, il s’en fut dans les prés
Où, comme ses copains, il apprit à brouter.



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MessageSujet: Re: Poèmes...   Ven 14 Sep 2012 - 19:31

Merci du partage ! Très insipirant et un vrai hymne à la Vie Vraie Smile
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MessageSujet: Re: Poèmes...   Mar 18 Sep 2012 - 11:42

La nuit d'août

LA MUSE

Depuis que le soleil, dans l'horizon immense,
A franchi le Cancer sur son axe enflammé,
Le bonheur m'a quittée, et j'attends en silence
L'heure où m'appellera mon ami bien-aimé.
Hélas ! depuis longtemps sa demeure est déserte ;
Des beaux jours d'autrefois rien n'y semble vivant.
Seule, je viens encor, de mon voile couverte,
Poser mon front brûlant sur sa porte entr'ouverte,
Comme une veuve en pleurs au tombeau d'un enfant.

LE POÈTE

Salut à ma fidèle amie !
Salut, ma gloire et mon amour !
La meilleure et la plus chérie
Est celle qu'on trouve au retour.
L'opinion et l'avarice
Viennent un temps de m'emporter.
Salut, ma mère et ma nourrice !
Salut, salut consolatrice !
Ouvre tes bras, je viens chanter.

LA MUSE

Pourquoi, coeur altéré, coeur lassé d'espérance,
T'enfuis-tu si souvent pour revenir si tard ?
Que t'en vas-tu chercher, sinon quelque hasard ?
Et que rapportes-tu, sinon quelque souffrance ?
Que fais-tu loin de moi, quand j'attends jusqu'au jour ?
Tu suis un pâle éclair dans une nuit profonde.
Il ne te restera de tes plaisirs du monde
Qu'un impuissant mépris pour notre honnête amour.
Ton cabinet d'étude est vide quand j'arrive ;
Tandis qu'à ce balcon, inquiète et pensive,
Je regarde en rêvant les murs de ton jardin,
Tu te livres dans l'ombre à ton mauvais destin.
Quelque fière beauté te retient dans sa chaîne,
Et tu laisses mourir cette pauvre verveine
Dont les derniers rameaux, en des temps plus heureux,
Devaient être arrosés des larmes de tes yeux.
Cette triste verdure est mon vivant symbole ;
Ami, de ton oubli nous mourrons toutes deux,
Et son parfum léger, comme l'oiseau qui vole,
Avec mon souvenir s'enfuira dans les cieux.

LE POÈTE

Quand j'ai passé par la prairie,
J'ai vu, ce soir, dans le sentier,
Une fleur tremblante et flétrie,
Une pâle fleur d'églantier.
Un bourgeon vert à côté d'elle
Se balançait sur l'arbrisseau ;
Je vis poindre une fleur nouvelle ;
La plus jeune était la plus belle :
L'homme est ainsi, toujours nouveau.

LA MUSE

Hélas ! toujours un homme, hélas ! toujours des larmes !
Toujours les pieds poudreux et la sueur au front !
Toujours d'affreux combats et de sanglantes armes ;
Le coeur a beau mentir, la blessure est au fond.
Hélas ! par tous pays, toujours la même vie :
Convoiter, regretter, prendre et tendre la main ;
Toujours mêmes acteurs et même comédie,
Et, quoi qu'ait inventé l'humaine hypocrisie,
Rien de vrai là-dessous que le squelette humain.
Hélas ! mon bien-aimé, vous n'êtes plus poète.
Rien ne réveille plus votre lyre muette ;
Vous vous noyez le coeur dans un rêve inconstant ;
Et vous ne savez pas que l'amour de la femme
Change et dissipe en pleurs les trésors de votre âme,
Et que Dieu compte plus les larmes que le sang.

LE POÈTE

Quand j'ai traversé la vallée,
Un oiseau chantait sur son nid.
Ses petits, sa chère couvée,
Venaient de mourir dans la nuit.
Cependant il chantait l'aurore ;
Ô ma Muse, ne pleurez pas !
À qui perd tout, Dieu reste encore,
Dieu là-haut, l'espoir ici-bas.

LA MUSE

Et que trouveras-tu, le jour où la misère
Te ramènera seul au paternel foyer ?
Quand tes tremblantes mains essuieront la poussière
De ce pauvre réduit que tu crois oublier,
De quel front viendras-tu, dans ta propre demeure,
Chercher un peu de calme et d'hospitalité ?
Une voix sera là pour crier à toute heure :
Qu'as-tu fait de ta vie et de ta liberté ?
Crois-tu donc qu'on oublie autant qu'on le souhaite ?
Crois-tu qu'en te cherchant tu te retrouveras ?
De ton coeur ou de toi lequel est le poète ?
C'est ton coeur, et ton coeur ne te répondra pas.
L'amour l'aura brisé ; les passions funestes
L'auront rendu de pierre au contact des méchants ;
Tu n'en sentiras plus que d'effroyables restes,
Qui remueront encor, comme ceux des serpents.
Ô ciel ! qui t'aidera ? que ferai-je moi-même,
Quand celui qui peut tout défendra que je t'aime,
Et quand mes ailes d'or, frémissant malgré moi,
M'emporteront à lui pour me sauver de toi ?
Pauvre enfant ! nos amours n'étaient pas menacées,
Quand dans les bois d'Auteuil, perdu dans tes pensées,
Sous les verts marronniers et les peupliers blancs,
Je t'agaçais le soir en détours nonchalants.
Ah ! j'étais jeune alors et nymphe, et les dryades
Entr'ouvraient pour me voir l'écorce des bouleaux,
Et les pleurs qui coulaient durant nos promenades
Tombaient, purs comme l'or, dans le cristal des eaux.
Qu'as-tu fait, mon amant, des jours de ta jeunesse ?
Qui m'a cueilli mon fruit sur mon arbre enchanté ?
Hélas ! ta joue en fleur plaisait à la déesse
Qui porte dans ses mains la force et la santé.
De tes yeux insensés les larmes l'ont pâlie ;
Ainsi que ta beauté, tu perdras ta vertu.
Et moi qui t'aimerai comme une unique amie,
Quand les dieux irrités m'ôteront ton génie,
Si je tombe des cieux, que me répondras-tu ?

LE POÈTE

Puisque l'oiseau des bois voltige et chante encore
Sur la branche où ses oeufs sont brisés dans le nid ;
Puisque la fleur des champs entr'ouverte à l'aurore,
Voyant sur la pelouse une autre fleur éclore,
S'incline sans murmure et tombe avec la nuit,

Puisqu'au fond des forêts, sous les toits de verdure,
On entend le bois mort craquer dans le sentier,
Et puisqu'en traversant l'immortelle nature,
L'homme n'a su trouver de science qui dure,
Que de marcher toujours et toujours oublier ;

Puisque, jusqu'aux rochers tout se change en poussière ;
Puisque tout meurt ce soir pour revivre demain ;
Puisque c'est un engrais que le meurtre et la guerre ;
Puisque sur une tombe on voit sortir de terre
Le brin d'herbe sacré qui nous donne le pain ;

Ô Muse ! que m'importe ou la mort ou la vie ?
J'aime, et je veux pâlir ; j'aime et je veux souffrir ;
J'aime, et pour un baiser je donne mon génie ;
J'aime, et je veux sentir sur ma joue amaigrie
Ruisseler une source impossible à tarir.

J'aime, et je veux chanter la joie et la paresse,
Ma folle expérience et mes soucis d'un jour,
Et je veux raconter et répéter sans cesse
Qu'après avoir juré de vivre sans maîtresse,
J'ai fait serment de vivre et de mourir d'amour.

Dépouille devant tous l'orgueil qui te dévore,
Coeur gonflé d'amertume et qui t'es cru fermé.
Aime, et tu renaîtras ; fais-toi fleur pour éclore.
Après avoir souffert, il faut souffrir encore ;
Il faut aimer sans cesse, après avoir aimé.

Alfred de Musset

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/alfred_de_musset/la_nuit_d_aout.html

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MessageSujet: Re: Poèmes...   Sam 22 Sep 2012 - 6:45

Il y a dans mon coeur un oiseau bleu qui
veut sortir
mais je suis trop coriace pour lui,
je lui dis, reste là, je ne veux pas
qu’on te
voie.

il y a dans mon coeur un oiseau bleu qui
veut sortir
mais je verse du whisky dessus et inhale
une bouffée de cigarette
et les tapins et les barmans
et les employés d’épicerie
ne savent pas
qu’il est
là.

il y a dans mon coeur un oiseau bleu qui
veut sortir
mais je suis trop coriace pour lui,
je lui dis,
tiens-toi tranquille, tu veux me fourrer dans le pétrin ?
tu veux foutre en l’air mon boulot ?
tu veux faire chuter les ventes de mes livres en Europe ?

il y a dans mon cœur un oiseau bleu qui
veut sortir
mais je suis trop malin, je ne le laisse sortir
que de temps en temps la nuit
quand tout le monde dort
je lui dis, je sais que tu es là,
alors ne sois pas
triste.

puis je le remets,
mais il chante un peu
là-dedans, je ne le laisse pas tout à fait
mourir
et on dort ensemble comme
ça
liés par notre
pacte secret
et c’est assez beau
pour faire
pleurer un homme, mais
je ne pleure pas,
et vous ?


"L’oiseau bleu" (Bluebird) de Charles Bukowski

c'est vrai, je le vois parfois...

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MessageSujet: Re: Poèmes...   Dim 30 Sep 2012 - 20:15

"Je tomberai au fond de ta poitrine comme une ambroisie végétale. Je serai le grain qui fertilise le sillon douloureusement creusé. Notre intime réunion créera la poésie. A nous deux, nous ferons un Dieu, et nous voltigerons vers l’infini, comme les oiseaux, les papillons, les fils de la Vierge, les parfums et toutes les choses ailées."

Charles Baudelaire

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MessageSujet: Re: Poèmes...   Jeu 11 Oct 2012 - 20:47

Les mains d'Elsa.

Donne-moi tes mains pour l'inquiétude
Donne-moi tes mains dont j'ai tant rêvé
Dont j'ai tant rêvé dans ma solitude
Donne-moi tes mains que je sois sauvé

Lorsque je les prends à mon pauvre piège
De paume et de peur de hâte et d'émoi
Lorsque je les prends comme une eau de neige
Qui fond de partout dans mes mains à moi

Sauras-tu jamais ce qui me traverse
Ce qui me bouleverse et qui m'envahit
Sauras-tu jamais ce qui me transperce
Ce que j'ai trahi quand j'ai tressailli

Ce que dit ainsi le profond langage
Ce parler muet de sens animaux
Sans bouche et sans yeux miroir sans image
Ce frémir d'aimer qui n'a pas de mots

Sauras-tu jamais ce que les doigts pensent
D'une proie entre eux un instant tenue
Sauras-tu jamais ce que leur silence
Un éclair aura connu d'inconnu

Donne-moi tes mains que mon coeur s'y forme
S'y taise le monde au moins un moment
Donne-moi tes mains que mon âme y dorme
Que mon âme y dorme éternellement.

Louis Aragon (1897-1982)
Extrait du "Fou d'Elsa".

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MessageSujet: Re: Poèmes...   Sam 13 Oct 2012 - 5:29

petit haïku du matin:

Lune du soir,
comme un saut de lézard,
à pas de velours
sur mon amour.

des très jolis ici:

http://www.youtube.com/watch?v=s9mi7iHfe74

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MessageSujet: Re: Poèmes...   Lun 15 Oct 2012 - 4:42

Pour nous qui ne décollons pas du sol, l’air en sa liberté n’a de présence que par ce mouvement infini vers les lointains, qui semble emporter ou prolonger le souffle qui nous anime.

Tout ce qui demeure hors de notre portée par son aspect fuyant, tout ce qui dans le réel nous échappe, comme les nuages, les vastes horizons, les lumineuses trouées, comme le ciel longuement contemplé, nous étire en quelque sorte, nous allonge, nous grandit intérieurement.

Philippe Mac Leod

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MessageSujet: Re: Poèmes...   Sam 20 Oct 2012 - 13:31

"Autour de nous, d’étranges arbres s’élançaient de terre comme pour saisir dans leurs bras monstrueux, la nuée délicate.
Agile, la nuée fuyait cet embrasement terrible, abandonnant à son sauvage assaillant de glissants voiles d’or."

Gabriele D'Annunzio

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MessageSujet: Re: Poèmes...   Lun 22 Oct 2012 - 16:54

Lettre à Milena

Il disait vous avez
Sans doute mieux à faire
Que de lire je le sais
Mes lettres ordinaires

Vous avez, il est vrai,
Mieux à faire de vos nuits
Que de lire sans arrêt
Mon visage qui s'écrit

Mais permettez, madame,
Cet aveu déchirant,
Je suis sous votre charme
Comme un petit enfant.

Il disait dites-moi
Au moins « tu » une fois
Alors je serai comme
Le plus heureux des hommes.

Dans cette intimité
Seule connue de vous,
Vos lèvres de papier
Sauront me rendre fou.

Si le sommeil me fuit
Si j'ai peur de dormir
C'est qu'au fond de mon lit
C'est la mort qui soupire.

Il disait : arrêtez
De m'écrire chaque jour
Ce que vous me donnez
Pour moi est bien trop lourd.

Chaque mot que je trace,
Chaque mot que je lis
Porte en lui la menace
De rester incompris.

Vos lettres me font peur.
Leur bonté m'exaspère.
Vos rêves de bonheur
Sont des fruits trop amers.

Il disait c'est ainsi
Je ne sais pas y faire
J'aurai vécu ma vie
Comme un célibataire.

Permettez-moi, madame,
De me taire aujourd'hui.
Je vous laisse mon âme.
Et je reprends mes nuits.

Art Mengo

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MessageSujet: Re: Poèmes...   Jeu 25 Oct 2012 - 19:11

Le Désir de peindre

Malheureux peut-être l'homme, mais heureux l'artiste que le désir déchire!

Je brûle de peindre celle qui m'est apparue si rarement et qui a fui si vite, comme une belle chose regrettable derrière le voyageur emporté dans la nuit. Comme il y a longtemps déjà qu'elle a disparu!

Elle est belle, et plus que belle; elle est surprenante. En elle le noir abonde: et tout ce qu'elle
inspire est nocturne et profond. Ses yeux sont deux antres où scintille vaguement le mystère, et son regard illumine comme l'éclair: c'est une explosion dans les ténèbres.

Je la comparerais à un soleil noir, si l'on pouvait concevoir un astre noir versant la lumière et le bonheur. Mais elle fait plus volontiers penser à la lune, qui sans doute l'a marquée de sa redoutable influence; non pas la lune blanche des idylles, qui ressemble à une froide mariée, mais la lune sinistre et enivrante, suspendue au fond d'une nuit orageuse et bousculée par les nuées qui courent; non pas la lune paisible et discrète visitant le sommeil des hommes purs, mais la lune arrachée du ciel, vaincue et révoltée, que les Sorcières thessaliennes contraignent durement à danser sur l'herbe terrifiée!

Dans son petit front habitent la volonté tenace et l'amour de la proie. Cependant, au bas de ce visage inquiétant, où des narines mobiles aspirent l'inconnu et l'impossible, éclate, avec une grâce inexprimable, le rire d'une grande bouche, rouge et blanche, et délicieuse, qui fait rêver au miracle d'une superbe fleur éclose dans un terrain volcanique.

Il y a des femmes qui inspirent l'envie de les vaincre et de jouir d'elles; mais celle-ci donne le désir de mourir lentement sous son regard.

-- C. Baudelaire

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MessageSujet: Re: Poèmes...   Lun 20 Mai 2013 - 14:13

…je suis une pierre brûlée qui soudain avec toi chante: elle a reçu l’eau des forêts, et c’est ta voix qui l’apporta. Pablo Neruda_La Centaine d’amour

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MessageSujet: Re: Poèmes...   Dim 20 Oct 2013 - 17:53


A Villequier

Maintenant que Paris, ses pavés et ses marbres,
Et sa brume et ses toits sont bien loin de mes yeux ;
Maintenant que je suis sous les branches des arbres,
Et que je puis songer à la beauté des cieux ;

Maintenant que du deuil qui m'a fait l'âme obscure
Je sors, pâle et vainqueur,
Et que je sens la paix de la grande nature
Qui m'entre dans le cœur ;

Maintenant que je puis, assis au bord des ondes,
Emu par ce superbe et tranquille horizon,
Examiner en moi les vérités profondes
Et regarder les fleurs qui sont dans le gazon ;

Maintenant, ô mon Dieu ! que j'ai ce calme sombre
De pouvoir désormais
Voir de mes yeux la pierre où je sais que dans l'ombre
Elle dort pour jamais ;

Maintenant qu'attendri par ces divins spectacles,
Plaines, forêts, rochers, vallons, fleuve argenté,
Voyant ma petitesse et voyant vos miracles,
Je reprends ma raison devant l'immensité ;

Je viens à vous, Seigneur, père auquel il faut croire ;
Je vous porte, apaisé,
Les morceaux de ce cœur tout plein de votre gloire
Que vous avez brisé ;

Je viens à vous, Seigneur ! confessant que vous êtes
Bon, clément, indulgent et doux, ô Dieu vivant !
Je conviens que vous seul savez ce que vous faites,
Et que l'homme n'est rien qu'un jonc qui tremble au vent ;

Je dis que le tombeau qui sur les morts se ferme
Ouvre le firmament ;
Et que ce qu'ici-bas nous prenons pour le terme
Est le commencement ;

Je conviens à genoux que vous seul, père auguste,
Possédez l'infini, le réel, l'absolu ;
Je conviens qu'il est bon, je conviens qu'il est juste
Que mon cœur ait saigné, puisque Dieu l'a voulu !

Je ne résiste plus à tout ce qui m'arrive
Par votre volonté.
L'âme de deuils en deuils, l'homme de rive en rive,
Roule à l'éternité.

Nous ne voyons jamais qu'un seul côté des choses ;
L'autre plonge en la nuit d'un mystère effrayant.
L'homme subit le joug sans connaître les causes.
Tout ce qu'il voit est court, inutile et fuyant.

Vous faites revenir toujours la solitude
Autour de tous ses pas.
Vous n'avez pas voulu qu'il eût la certitude
Ni la joie ici-bas !

Dès qu'il possède un bien, le sort le lui retire.
Rien ne lui fut donné, dans ses rapides jours,
Pour qu'il s'en puisse faire une demeure, et dire :
C'est ici ma maison, mon champ et mes amours !

Il doit voir peu de temps tout ce que ses yeux voient ;
Il vieillit sans soutiens.
Puisque ces choses sont, c'est qu'il faut qu'elles soient ;
J'en conviens, j'en conviens !

Le monde est sombre, ô Dieu ! l'immuable harmonie
Se compose des pleurs aussi bien que des chants ;
L'homme n'est qu'un atome en cette ombre infinie,
Nuit où montent les bons, où tombent les méchants.

Je sais que vous avez bien autre chose à faire
Que de nous plaindre tous,
Et qu'un enfant qui meurt, désespoir de sa mère,
Ne vous fait rien, à vous !

Je sais que le fruit tombe au vent qui le secoue,
Que l'oiseau perd sa plume et la fleur son parfum ;
Que la création est une grande roue
Qui ne peut se mouvoir sans écraser quelqu'un ;

Les mois, les jours, les flots des mers, les yeux qui pleurent,
Passent sous le ciel bleu ;
Il faut que l'herbe pousse et que les enfants meurent ;
Je le sais, ô mon Dieu !

Dans vos cieux, au-delà de la sphère des nues,
Au fond de cet azur immobile et dormant,
Peut-être faites-vous des choses inconnues
Où la douleur de l'homme entre comme élément.

Peut-être est-il utile à vos desseins sans nombre
Que des êtres charmants
S'en aillent, emportés par le tourbillon sombre
Des noirs événements.

Nos destins ténébreux vont sous des lois immenses
Que rien ne déconcerte et que rien n'attendrit.
Vous ne pouvez avoir de subites clémences
Qui dérangent le monde, ô Dieu, tranquille esprit !

Je vous supplie, ô Dieu ! de regarder mon âme,
Et de considérer
Qu'humble comme un enfant et doux comme une femme,
Je viens vous adorer !

Considérez encor que j'avais, dès l'aurore,
Travaillé, combattu, pensé, marché, lutté,
Expliquant la nature à l'homme qui l'ignore,
Éclairant toute chose avec votre clarté ;

Que j'avais, affrontant la haine et la colère,
Fait ma tâche ici-bas,
Que je ne pouvais pas m'attendre à ce salaire,
Que je ne pouvais pas

Prévoir que, vous aussi, sur ma tête qui ploie
Vous appesantiriez votre bras triomphant,
Et que, vous qui voyiez comme j'ai peu de joie,
Vous me reprendriez si vite mon enfant !

Qu'une âme ainsi frappée à se plaindre est sujette,
Que j'ai pu blasphémer,
Et vous jeter mes cris comme un enfant qui jette
Une pierre à la mer !

Considérez qu'on doute, ô mon Dieu ! quand on souffre,
Que l'œil qui pleure trop finit par s'aveugler,
Qu'un être que son deuil plonge au plus noir du gouffre,
Quand il ne vous voit plus, ne peut vous contempler,

Et qu'il ne se peut pas que l'homme, lorsqu'il sombre
Dans les afflictions,
Ait présente à l'esprit la sérénité sombre
Des constellations !

Aujourd'hui, moi qui fus faible comme une mère,
Je me courbe à vos pieds devant vos cieux ouverts.
Je me sens éclairé dans ma douleur amère
Par un meilleur regard jeté sur l'univers.

Seigneur, je reconnais que l'homme est en délire
S'il ose murmurer ;
Je cesse d'accuser, je cesse de maudire,
Mais laissez-moi pleurer !

Hélas ! laissez les pleurs couler de ma paupière,
Puisque vous avez fait les hommes pour cela !
Laissez-moi me pencher sur cette froide pierre
Et dire à mon enfant : Sens-tu que je suis là ?

Laissez-moi lui parler, incliné sur ses restes,
Le soir, quand tout se tait,
Comme si, dans sa nuit rouvrant ses yeux célestes,
Cet ange m'écoutait !

Hélas ! vers le passé tournant un œil d'envie,
Sans que rien ici-bas puisse m'en consoler,
Je regarde toujours ce moment de ma vie
Où je l'ai vue ouvrir son aile et s'envoler !

Je verrai cet instant jusqu'à ce que je meure,
L'instant, pleurs superflus !
Où je criai : L'enfant que j'avais tout à l'heure,
Quoi donc ! je ne l'ai plus !

Ne vous irritez pas que je sois de la sorte,
Ô mon Dieu ! cette plaie a si longtemps saigné !
L'angoisse dans mon âme est toujours la plus forte,
Et mon cœur est soumis, mais n'est pas résigné.

Ne vous irritez pas ! fronts que le deuil réclame,
Mortels sujets aux pleurs,
Il nous est malaisé de retirer notre âme
De ces grandes douleurs.

Voyez-vous, nos enfants nous sont bien nécessaires,
Seigneur ; quand on a vu dans sa vie, un matin,
Au milieu des ennuis, des peines, des misères,
Et de l'ombre que fait sur nous notre destin,

Apparaître un enfant, tête chère et sacrée,
Petit être joyeux,
Si beau, qu'on a cru voir s'ouvrir à son entrée
Une porte des cieux ;

Quand on a vu, seize ans, de cet autre soi-même
Croître la grâce aimable et la douce raison,
Lorsqu'on a reconnu que cet enfant qu'on aime
Fait le jour dans notre âme et dans notre maison,

Que c'est la seule joie ici-bas qui persiste
De tout ce qu'on rêva,
Considérez que c'est une chose bien triste
De le voir qui s'en va !

Victor Hugo

Les contemplations.

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MessageSujet: Re: Poèmes...   Sam 2 Nov 2013 - 17:09


Le malheur ne vient jamais sans raison.
De tes haines, de tes amours, de tes pensées,
Tu composes à chaque instant le portrait de ta destinée.
Tu es ce que tu crées.

Veux-tu connaître le bonheur ?
Alors oublie les racines du passé,
Oublie ceux qui t'ont fait du mal
Et envoie-leur des pensées d'amour, de pardon.

Ne laisse pas la barque de ton âme dériver
Sur l'océan des haines, des tempêtes.
Cherche la paix en ton cœur
Et qu'elle te serve d'ancre.

Ne laisse pas les herbes de la haine, du ressentiment
Envahir le jardin de ton âme,
Ne laisse pas les ronces de l'orgueil, de la jalousie
Étouffer la générosité de ton cœur.

Mais cultive les fleurs de l'amour, du pardon,
Développe les roses de la lucidité et de la sérénité.
Pardonne à tous et on te pardonnera.
Donne à tous et on te donnera.

Aime et on t'aimera.
Fais du pardon ta force, ton rempart, ton bouclier,
Et tu seras à jamais délivré du mal,
Le Royaume de la Paix sera avec toi pour toujours.
Deviens dès à présent celui que tu veux être.

Babacar Khane - Le Yoga de la prière

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MessageSujet: Re: Poèmes...   Ven 4 Avr 2014 - 16:40

à nos filles Smile

Tu seras une femme, ma fille !

Si tu peux voir mourir une grande histoire d’amour
Sans refermer ton coeur pour qu’il aime à nouveau
Ou te savoir trahie sans trahir à ton tour
T’en aller pour voler plus haut ;
Si tu peux tout donner sans te perdre pourtant
Si tu peux être douce sans jamais te soumettre
Apprécier, célébrer, admirer ton amant
Sans jamais faire de lui ton maître ;

Si tu peux ignorer les langues de vipères
Les jalouses, les méchantes occupées à médire
Et entendre derrière leurs discours de mégères
Une misère à n’en plus finir ;
Si tu peux être belle sans jamais être fière
Faire de ta vérité, l’essence de ta beauté
Si tu peux préserver un peu de ton mystère
Ne pas tout dire ni tout livrer ;

Si tu sais accueillir et ouvrir ta maison
Sans jamais t’entourer de quelque vaine cour
Aimer à la folie pour trouver la raison
Parler sans n’être que discours ;
Si tu peux être pure sans jamais être sage
Si tu peux être forte sans refermer ton coeur
Si tu sais être tendre , si tu sais être orage
Sans être esclave de tes humeurs ;

Si tu peux affronter le temps sans faire naufrage
Sans te sentir déchue ni même destituée,
Si tu trouves ton chant au plein coeur de chaque âge
Quand les autres s’abîment à le nier
Alors, Reines et Déesses, Vénus et Madonnes
Te feront révérence et seront ta famille
Et tu te trouveras dans l’amour que tu donnes
Tu seras une femme, ma fille.

- Fabienne Marsaudon

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MessageSujet: Re: Poèmes...   Mar 8 Avr 2014 - 12:04

le Crapaud de Victor Hugo, poème de "La légende des siècles" :


Que savons-nous ? qui donc connaît le fond des choses ?
Le couchant rayonnait dans les nuages roses ;
C'était la fin d'un jour d'orage, et l'occident
Changeait l'ondée en flamme en son brasier ardent ;
Près d'une ornière, au bord d'une flaque de pluie,
Un crapaud regardait le ciel, bête éblouie ;
Grave, il songeait ; l'horreur contemplait la splendeur.
(Oh ! pourquoi la souffrance et pourquoi la laideur ?
Hélas ! le bas-empire est couvert d'Augustules,
Les Césars de forfaits, les crapauds de pustules,
Comme le pré de fleurs et le ciel de soleils !)
Les feuilles s'empourpraient dans les arbres vermeils ;
L'eau miroitait, mêlée à l'herbe, dans l'ornière ;
Le soir se déployait ainsi qu'une bannière ;
L'oiseau baissait la voix dans le jour affaibli ;
Tout s'apaisait, dans l'air, sur l'onde ; et, plein d'oubli,
Le crapaud, sans effroi, sans honte, sans colère,
Doux, regardait la grande auréole solaire ;
Peut-être le maudit se sentait-il béni,
Pas de bête qui n'ait un reflet d'infini ;
Pas de prunelle abjecte et vile que ne touche
L'éclair d'en haut, parfois tendre et parfois farouche ;
Pas de monstre chétif, louche, impur, chassieux,
Qui n'ait l'immensité des astres dans les yeux.
Un homme qui passait vit la hideuse bête,
Et, frémissant, lui mit son talon sur la tête ;
C'était un prêtre ayant un livre qu'il lisait ;
Puis une femme, avec une fleur au corset,
Vint et lui creva l'oeil du bout de son ombrelle ;
Et le prêtre était vieux, et la femme était belle.
Vinrent quatre écoliers, sereins comme le ciel.
J'étais enfant, j'étais petit, j'étais cruel ;
Tout homme sur la terre, où l'âme erre asservie,
Peut commencer ainsi le récit de sa vie.
On a le jeu, l'ivresse et l'aube dans les yeux,
On a sa mère, on est des écoliers joyeux,
De petits hommes gais, respirant l'atmosphère
À pleins poumons, aimés, libres, contents ; que faire
Sinon de torturer quelque être malheureux ?
Le crapaud se traînait au fond du chemin creux.
C'était l'heure où des champs les profondeurs s'azurent ;
Fauve, il cherchait la nuit ; les enfants l'aperçurent
Et crièrent : « Tuons ce vilain animal,
Et, puisqu'il est si laid, faisons-lui bien du mal ! »
Et chacun d'eux, riant, l'enfant rit quand il tue,
Se mit à le piquer d'une branche pointue,
Élargissant le trou de l'oeil crevé, blessant
Les blessures, ravis, applaudis du passant ;
Car les passants riaient ; et l'ombre sépulcrale
Couvrait ce noir martyr qui n'a pas même un râle,
Et le sang, sang affreux, de toutes parts coulait
Sur ce pauvre être ayant pour crime d'être laid ;
Il fuyait ; il avait une patte arrachée ;
Un enfant le frappait d'une pelle ébréchée ;
Et chaque coup faisait écumer ce proscrit
Qui, même quand le jour sur sa tête sourit,
Même sous le grand ciel, rampe au fond d'une cave ;
Et les enfants disaient : « Est-il méchant ! il bave ! »
Son front saignait ; son oeil pendait ; dans le genêt
Et la ronce, effroyable à voir, il cheminait ;
On eût dit qu'il sortait de quelque affreuse serre ;
Oh ! la sombre action, empirer la misère !
Ajouter de l'horreur à la difformité !
Disloqué, de cailloux en cailloux cahoté,
Il respirait toujours ; sans abri, sans asile,
Il rampait ; on eût dit que la mort, difficile,
Le trouvait si hideux qu'elle le refusait ;
Les enfants le voulaient saisir dans un lacet,
Mais il leur échappa, glissant le long des haies ;
L'ornière était béante, il y traîna ses plaies
Et s'y plongea, sanglant, brisé, le crâne ouvert,
Sentant quelque fraîcheur dans ce cloaque vert,
Lavant la cruauté de l'homme en cette boue ;
Et les enfants, avec le printemps sur la joue,
Blonds, charmants, ne s'étaient jamais tant divertis ;
Tous parlaient à la fois et les grands aux petits
Criaient : «Viens voir! dis donc, Adolphe, dis donc, Pierre,
Allons pour l'achever prendre une grosse pierre ! »
Tous ensemble, sur l'être au hasard exécré,
Ils fixaient leurs regards, et le désespéré
Regardait s'incliner sur lui ces fronts horribles.
Hélas ! ayons des buts, mais n'ayons pas de cibles ;
Quand nous visons un point de l'horizon humain,
Ayons la vie, et non la mort, dans notre main.
Tous les yeux poursuivaient le crapaud dans la vase ;
C'était de la fureur et c'était de l'extase ;
Un des enfants revint, apportant un pavé,
Pesant, mais pour le mal aisément soulevé,
Et dit : « Nous allons voir comment cela va faire. »
Or, en ce même instant, juste à ce point de terre,
Le hasard amenait un chariot très lourd
Traîné par un vieux âne éclopé, maigre et sourd ;
Cet âne harassé, boiteux et lamentable,
Après un jour de marche approchait de l'étable ;
Il roulait la charrette et portait un panier ;
Chaque pas qu'il faisait semblait l'avant-dernier ;
Cette bête marchait, battue, exténuée ;
Les coups l'enveloppaient ainsi qu'une nuée ;
Il avait dans ses yeux voilés d'une vapeur
Cette stupidité qui peut-être est stupeur ;
Et l'ornière était creuse, et si pleine de boue
Et d'un versant si dur que chaque tour de roue
Était comme un lugubre et rauque arrachement ;
Et l'âne allait geignant et l'ânier blasphémant ;
La route descendait et poussait la bourrique ;
L'âne songeait, passif, sous le fouet, sous la trique,
Dans une profondeur où l'homme ne va pas.

Les enfants entendant cette roue et ce pas,
Se tournèrent bruyants et virent la charrette :
« Ne mets pas le pavé sur le crapaud. Arrête ! »
Crièrent-ils. « Vois-tu, la voiture descend
Et va passer dessus, c'est bien plus amusant. »

Tous regardaient. Soudain, avançant dans l'ornière
Où le monstre attendait sa torture dernière,
L'âne vit le crapaud, et, triste, hélas ! penché
Sur un plus triste, lourd, rompu, morne, écorché,
Il sembla le flairer avec sa tête basse ;
Ce forçat, ce damné, ce patient, fit grâce ;
Il rassembla sa force éteinte, et, roidissant
Sa chaîne et son licou sur ses muscles en sang,
Résistant à l'ânier qui lui criait : Avance !
Maîtrisant du fardeau l'affreuse connivence,
Avec sa lassitude acceptant le combat,
Tirant le chariot et soulevant le bât,
Hagard, il détourna la roue inexorable,
Laissant derrière lui vivre ce misérable ;
Puis, sous un coup de fouet, il reprit son chemin.

Alors, lâchant la pierre échappée à sa main,
Un des enfants celui qui conte cette histoire,
Sous la voûte infinie à la fois bleue et noire,
Entendit une voix qui lui disait : Sois bon !

Bonté de l'idiot ! diamant du charbon !
Sainte énigme ! lumière auguste des ténèbres !
Les célestes n'ont rien de plus que les funèbres
Si les funèbres, groupe aveugle et châtié,
Songent, et, n'ayant pas la joie, ont la pitié.
Ô spectacle sacré ! l'ombre secourant l'ombre,
L'âme obscure venant en aide à l'âme sombre,
Le stupide, attendri, sur l'affreux se penchant,
Le damné bon faisant rêver l'élu méchant !
L'animal avançant lorsque l'homme recule !
Dans la sérénité du pâle crépuscule,
La brute par moments pense et sent qu'elle est soeur
De la mystérieuse et profonde douceur ;
Il suffit qu'un éclair de grâce brille en elle
Pour qu'elle soit égale à l'étoile éternelle ;
Le baudet qui, rentrant le soir, surchargé, las,
Mourant, sentant saigner ses pauvres sabots plats,
Fait quelques pas de plus, s'écarte et se dérange
Pour ne pas écraser un crapaud dans la fange,
Cet âne abject, souillé, meurtri sous le bâton,
Est plus saint que Socrate et plus grand que Platon.
Tu cherches, philosophe ? Ô penseur, tu médites ?
Veux-tu trouver le vrai sous nos brumes maudites ?
Crois, pleure, abîme-toi dans l'insondable amour !
Quiconque est bon voit clair dans l'obscur carrefour ;
Quiconque est bon habite un coin du ciel. Ô sage,
La bonté, qui du monde éclaire le visage,
La bonté, ce regard du matin ingénu,
La bonté, pur rayon qui chauffe l'inconnu,
Instinct qui, dans la nuit et dans la souffrance, aime,
Est le trait d'union ineffable et suprême
Qui joint, dans l'ombre, hélas ! si lugubre souvent,
Le grand innocent, l'âne, à Dieu le grand savant.


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MessageSujet: Re: Poèmes...   Ven 30 Mai 2014 - 17:35

Je t'aime,

Je t’aime pour toutes les femmes que je n’ai pas connues
Je t’aime pour tous les temps où je n’ai pas vécu
Pour l’odeur du grand large et l’odeur du pain chaud
Pour la neige qui fond pour les premières fleurs
Pour les animaux purs que l’homme n’effraie pas
Je t’aime pour aimer
Je t’aime pour toutes les femmes que je n’aime pas

Qui me reflète sinon toi-même je me vois si peu
Sans toi je ne vois rien qu’une étendue déserte
Entre autrefois et aujourd’hui
Il y a eu toutes ces morts que j’ai franchies sur de la paille
Je n’ai pas pu percer le mur de mon miroir
Il m’a fallu apprendre mot par mot la vie
Comme on oublie

Je t’aime pour ta sagesse qui n’est pas la mienne
Pour la santé
Je t’aime contre tout ce qui n’est qu’illusion
Pour ce coeur immortel que je ne détiens pas
Tu crois être le doute et tu n’es que raison
Tu es le grand soleil qui me monte à la tête
Quand je suis sûr de moi.

Paul Eluard

Le Phénix, 1951

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MessageSujet: Re: Poèmes...   Sam 14 Juin 2014 - 7:23

Je ne suis pas la première personne que tu as aimée.
Tu n’es pas la première personne que j’ai admirée, la bouche pleine de « pour toujours ».
Nous avons tous les deux connu des pertes tranchantes comme des lames de couteau.
Nous vivions tous les deux avec des lèvres
Balafrées au point de ne plus voir la peau.

Notre amour est arrivé
A l’improviste au milieu de la nuit
Notre amour est arrivé alors que nous avions renoncé
A lui demander de venir.
Je pense que c’est en cela qu’il est miraculeux.
C’est comme cela que l’on guérit.
Je veux t’embrasser comme le pardon.
Tu me serreras comme si j’étais l’espoir.
Nos bras nous serviront de bandages, et nous presserons nos promesses entre nous comme les fleurs entre les pages d’un livre.
J’écrirai des sonnets sur la sueur salée de ta peau.
J’écrirai des romans sur la cicatrice de ton nez.
J’écrirai un dictionnaire de tous les mots que j’ai essayés d’utiliser pour décrire ce que je ressens de t’avoir enfin,enfin trouvé.

Je ne serai pas effrayée par tes cicatrices
Je sais que parfois c’est encore difficile
De me montrer les fissures de ta perfection,
Mais je t’en prie, sache ceci :
Que ce soit les jours où tu brilles plus fort que le soleil
Ou les nuits où tu t’effondres sur mes genoux,
Le corps détruit en mille questions
Tu es la plus belle chose que j’ai jamais vue.

Je t’aimerai quand tu seras paisible
Je t’aimerai quand tu seras un ouragan.

- Clementine von Radics

http://femmeswomen.wordpress.com/2014/06/13/our-love/

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MessageSujet: Re: Poèmes...   Sam 15 Nov 2014 - 13:32

Mon regard est net comme un tournesol,
J’ai l’habitude d’aller par les chemins,
Jetant les yeux à droite et à gauche,
Mais en arrière aussi de temps en temps…
Et ce que je vois à chaque instant
Est ce que jamais auparavant je n’avais vu,
De quoi j’ai conscience parfaitement.
Je sais éprouver l’ébahissement
De l’enfant qui, dès sa naissance,
S’aviserait qu’il est né vraiment…
Je me sens né à chaque instant
À l’éternelle nouveauté du Monde…

Je crois au monde comme à une pâquerette,
Parce que je le vois. Mais je ne pense pas à lui
Parce que penser c’est ne pas comprendre…
Le Monde ne s’est pas fait pour que nous pensions à lui
(penser c’est avoir mal aux yeux)
Mais pour que nous le regardions avec un sentiment d’accord…
Moi je n’ai pas de philosophie : j’ai des sens…
Si je parle de la Nature, ce n’est pas que je sache ce qu’elle est,
Mais parce que je l’aime, et je l’aime pour cette raison
Que celui qui aime ne sait jamais ce qu’il aime,
Ni ne sait pourquoi il aime, ni ce que c’est qu’aimer…

Aimer, c’est l’innocence éternelle,
Et l’unique innocence est de ne pas penser.

Fernando Pessoa

aller suffit le net, d penser.. je pars nager...dans l'eau !!

bon weekend Smile

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MessageSujet: Re: Poèmes...   Lun 17 Nov 2014 - 13:31

J’ai la plus belle armée…

Je ne serai jamais mort puisque je l’ai aimée.
J’ai tous les jours vécus puisque je suis aimé.
Toujours j’ai rencontré ces audaces variées,
De talents de sourires Faites de vérité.

Mais il faut conquérir, et plus encore couvrir
Ceux qui ne savent pas rayonner de leur force.
Ils confondent combat et vertu du mourir.
Symphonie du destin et panser de l’écorce.

Là, ici, et maintenant, je continue de vibrer,
A chaque mouvement de fleurs, de ruisseaux,
De soleil des cœurs prêts à se faufiler
En des routes de ciel à côtoyer leur Beau.

Je remercie Nature de m’avoir donné Vie,
Et plus encore la pensée qui chatoie mon désir
De voir se regarder les gens égayer de servir,
Son cœur non protégé, mais appris de l’oubli.

C’est ici que je continue ma folie de l’amour.
Sans savoir de quoi tu vas bien me fournir.
C’est à moi de puiser dans l’insondable présent
Un peu comme cet élégant impétueux torrent.

Il n’y a pas de mots pour moi en cet état de grâce.
Juste la place en cette préciosité de pouvoir grandir.
Juste cette note à moi pour mon sur devenir
Qui jaillit de ce jour en l’éternel espace.

….., les étoiles.

François.



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MessageSujet: Re: Poèmes...   Lun 17 Nov 2014 - 19:19

Très joli poème...des étincelles de vie...et une note de folie...alors !

Like a Star @ heaven


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MessageSujet: Re: Poèmes...   Mar 18 Nov 2014 - 18:36

A ma fille,

Je te promets que,
Chaque soir,
Tu verras le jour se lever,
Le ciel s'ouvrira pour toi,

Je te promets que,
Chaque être te sourira,
Tu croiras te voir,
Comme dans un miroir.

Je te promets une vie,
Je t'attends,
Tu es déjà là.

Un ange te soufflera
La vie que ton cœur réclame.
Tu crieras,
Tu ne sais où tu ira.

Tu seras "grande",
Comme une montagne,
Personne n'y croiras,
Toi, Tu sauras qui tu es...

Myriam 1995

Née en 2005

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MessageSujet: Re: Poèmes...   Mar 18 Nov 2014 - 19:37


Comme cet être était déjà empli d'amour avant sa naissance.
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MessageSujet: Re: Poèmes...   Mer 19 Nov 2014 - 7:37

oui, elle en est empli...après aussi Smile

Belle journée

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MessageSujet: Re: Poèmes...   Mer 19 Nov 2014 - 8:11

Je serai

Je serai de ces gens brûlants,
Qui ont le feu, dans le cœur et dans le corps.
Je serai de ces gens vivants,
Qui ne subissent pas leur sort.
Je serai de ces gens brillants,
Vibrant ce qu'ils sont jusqu'à la mort.
Je serai de ces gens osant,
Essayant encore et encore.
Je serai de ces gens se montrant,
En dedans comme en dehors.
Je serai de ces gens mouvants,
Découvrant sans cesse de nouveaux ports.
Je serai de ces gens présents,
Que vous soyez faible ou que vous soyez fort.
Je serai de ces gens gênants,
Si avec votre âme vous n'êtes pas en accord.
Je serai de ces gens conscients,
Qui ne peuvent plus les paupières clore.
Je serai de ces gens aimants,
Attendant de voir le miracle éclore.
Je serai de ces gens rêvant,
Les yeux ouverts jusqu'aux aurores.

Je serai de ces gens confiants,
Pour qui la vie vaut de l'or.

Je serai de ces gens souriants,
Portant mon trésor.

Ou je le suis déjà maintenant,
Imprégnée dans chacun de mes pores...

Amandine Gattuso

Poème trouvé ce matin, qui m'a fait du bien, la peau parfois parle plus que les mots Wink

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MessageSujet: Re: Poèmes...   Dim 30 Nov 2014 - 8:15


Fut un temps,
Où je passais mon temps,
A chercher des orchidées,
Dans les monts et merveilles du Jura,
Juste pour leur beauté...
Tout était là,
Mon cœur est resté là-bas,
Je crois,
Et j''y retourne parfois...



Epipogium- Chamfromier


c'est mieux ainsi,

bon dimanche

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MessageSujet: Re: Poèmes...   Dim 30 Nov 2014 - 13:34


J’ai écouté le vent, les notes de Mozart, les mots du ciel d’azur, la fraîcheur du silence.
Chacun m’a répondu.
Chacun m’a dit et dévoilé qu’ils t’avaient vue.
Mais ils ne m’ont pas raconté l’intime de leur vision.
C’était beaucoup trop pour eux…
Alors, ils continuent de te regarder aller de seconde en seconde, de temps…… en temps, sachant qu’ils auront toujours à apprendre, car de la Beauté profonde d’ailleurs, il faut toujours s’engager à la reconnaître, et l’accompagner.
Il faut toujours savoir que l’éternel et infini désir se choie de ce qu’il Donne.

Alors, je fais de mon mieux humain pour continuer à connaître, sourire, entendre, parfumer de saveurs certaines cette Déesse Vivante.

Je sais en un endroit, qui est le TOUT, que ta Subtilité existe.


Je continue mon apprentissage, car de la vie tu engendres des étoiles.
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MessageSujet: Re: Poèmes...   Dim 30 Nov 2014 - 17:08

Joliment dit l'ami Wink

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MessageSujet: Re: Poèmes...   Mer 17 Déc 2014 - 18:31

Derniers poèmes d’amour.
J’ai regardé devant moi
Dans la foule je t’ai vue
Parmi les blés je t’ai vue
Sous un arbre je t’ai vue
Au bout de tous mes voyages
Au fond de tous mes tourments
Au tournant de tous les rires
Sortant de l’eau et du feu
L’été l’hiver je t’ai vue
Dans ma maison je t’ai vue
Entre mes bras je t’ai vue
Dans mes rêves je t’ai vue
Je ne te quitterai plus.

Paul Eluard

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MessageSujet: Re: Poèmes...   Jeu 8 Jan 2015 - 17:43

Entre tous mes tourments entre la mort et moi
Entre mon désespoir et la raison de vivre
Il y a l'injustice et ce malheur des hommes
Que je ne peux admettre il y a ma colère

Il y a les maquis couleur de sang d'Espagne
Il y a les maquis couleur du ciel de Grèce
Le pain le sang le ciel et le droit à l'espoir
Pour tous les innocents qui haïssent le mal

La lumière toujours est tout près de s'éteindre
La vie toujours s'apprête à devenir fumier
Mais le printemps renaît qui n'en a pas fini
Un bourgeon sort du noir et la chaleur s'installe

Et la chaleur aura raison des égoïstes
Leurs sens atrophiés n'y résisteront pas
J'entends le feu parler en riant de tiédeur
J'entends un homme dire qu'il n'a pas souffert

Toi qui fus de ma chair la conscience sensible
Toi que j'aime à jamais toi qui m'as inventé
Tu ne supportais pas l'oppression ni l'injure
Tu chantais en rêvant le bonheur sur la terre
Tu rêvais d'être libre et je te continue.

Paul Eluard

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"L’été vient. Mais il ne vient que pour ceux qui savent attendre, aussi tranquilles et ouverts que s’ils avaient l’éternité devant eux."Rainer Maria Rilke
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MessageSujet: Re: Poèmes...   Dim 11 Jan 2015 - 21:25


photo d'un ami à Bordeaux...

Liberté

Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom

Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom

Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom

Sur chaque bouffée d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom

Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes maisons réunies
J’écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté.

Paul Eluard, Au rendez-vous allemand, 1945, Les Editions de Minuit

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MessageSujet: Re: Poèmes...   Dim 18 Jan 2015 - 13:40

L’aube je t’aime j’ai toute la nuit dans les veines
Toute la nuit je t’ai regardée
J’ai tout à deviner je suis sûr des ténèbres
Elles me donnent le pouvoir
De t’envelopper
De t’agiter désir de vivre
Au sein de mon immobilité
Le pouvoir de te révéler
De te libérer de te perdre
Flamme invisible dans le jour.

Si tu t’en vas la porte s’ouvre sur le jour
Si tu t’en vas la porte s’ouvre sur moi-même.

Eluard

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MessageSujet: Re: Poèmes...   Lun 19 Jan 2015 - 19:32

La Centaine d'amour de Pablo Neruda

Je t’aime parce que je t’aime et voilà tout
et de t’aimer j’en arrive à ne pas t’aimer
et de t’attendre alors que je ne t’attends plus
mon cœur peut en passer du froid à la brûlure.

Je ne t’aime que parce que c’est toi que j’aime,
et je te hais sans fin, te hais et te supplie,
et la mesure de mon amour voyageur
est de ne pas te voir, de t’aimer en aveugle.

Et si, lumière de janvier, tu consumais
ton rayon cruel, et mon cœur tout entier,
me dérobant la clef de la tranquillité?

En cette histoire je n’arrive qu’à mourir
et si je meurs d’amour, c’est parce que je t’aime,
parce qu’amour, je t’aime, et à feu et à sang.

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MessageSujet: Re: Poèmes...   Dim 1 Fév 2015 - 7:25

" Puisque j'ai mis ma lèvre à ta coupe encore pleine ;
Puisque j'ai dans tes mains posé mon front pâli ;
Puisque j'ai respiré parfois la douce haleine
De ton âme, parfum dans l'ombre enseveli ;

Puisqu'il me fut donné de t'entendre me dire
Les mots où se répand le cœur mystérieux ;
Puisque j'ai vu pleurer, puisque j'ai vu sourire
Ta bouche sur ma bouche et tes yeux sur mes yeux ;

Puisque j'ai vu briller sur ma tête ravie
Un rayon de ton astre, hélas ! voilé toujours ;
Puisque j'ai vu tomber dans l'onde de ma vie
Une feuille de rose arrachée à tes jours ;

Je puis maintenant dire aux rapides années :
- Passez ! Passez toujours ! Je n'ai plus à vieillir !
Allez-vous-en avec vos fleurs toutes fanées ;
J'ai dans l'âme une fleur que nul ne peut cueillir !

Votre aile en le heurtant ne fera rien répandre
Du vase où je m'abreuve et que j'ai bien rempli.
Mon âme a plus de feu que vous n'avez de cendre !
Mon cœur a plus d'amour que vous n'avez d'oubli ! "

Victor Hugo

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MessageSujet: Re: Poèmes...   Mer 11 Mar 2015 - 12:21

(Divine Comédie, Le Paradis) :

« (…) Dans cette profondeur j'ai vu se rencontrer
et amoureusement former un seul volume
tous les feuillets épars dont l'univers est fait,

Et je crois avoir vu la forme universelle
de l'unique faisceau, puisque tant plus j'en parle,
plus je sens le bonheur qui me chauffe le cœur.

Dans la substance claire et à la fois profonde
de l'insigne Clarté m'apparaissaient trois cercles
formés de trois couleurs et d'égale grandeur ;

et l'un d'eux paraissait être l'effet de l'autre,
comme Iris l'est d'Iris, tandis que le troisième
jaillissait comme un feu des deux en même temps

Eternelle clarté, qui sièges en toi-même,
qui seule te comprends et qui, te comprenant,
et comprise à la fois, t'aimes et te souris ! »

Dante

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MessageSujet: Re: Poèmes...   Dim 15 Mar 2015 - 20:50

"Nos deux cœurs seront deux vastes flambeaux qui réfléchiront leurs doubles lumières nos deux esprits, ces miroirs jumeaux."

Charles Baudelaire, les Fleurs du Mal

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MessageSujet: Re: Poèmes...   Jeu 21 Mai 2015 - 17:19

Victor Hugo, automne 1835: Quand tu liras ce papier, mon ange, je ne serai pas auprès de toi, je ne serai pas là pour te dire: pense à moi ! Je veux que ce papier te le dise. Je voudrais que dans ces lettres tracées pour toi tu puisses trouver tout ce qu’il y a dans mes yeux, tout ce qu’il y a sur mes lèvres, tout ce qu’il y a dans mon coeur, tout ce qu’il y a dans ma présence quand je te dis : je t’aime ! – Je voudrais que cette lettre entrât dans ta pensée comme mon regard, comme mon souffle, comme le son de ma voix pour lui dire à cette charmante pensée que j’aime : n’oublie pas !
Tu es ma bien-aimée, ma Juliette, ma joie, mon amour, depuis trois ans bientôt !
Ecris-moi quand je ne suis pas là, parle-moi quand je suis là, aime-moi toujours !
(Il est deux heures du matin, j’ai interrompu mon travail pour t’écrire. Je vais le reprendre.) C’est que j’avais besoin de te parler, de t’écrire, de m’adresser à toi, de baiser en idée tes beaux yeux endormis, de te faire ma prière ! C’est que j’avais besoin de reposer mon esprit sur ton image et mes yeux sur un papier que tu verras !
Dors bien. (J’espère t’aller voir dès que j’aurai fini dans quelques heures. Il me semble que c’est bien long. Quelques heures! Ce sera bien court quand je serai près de toi.)
(…) Tu es une noble créature aimante dévouée et fidèle. Je t’aime plus que je ne puis le dire. Je voudrais baiser tes pieds. Je veux que tu penses à moi.
A bientôt. T’aimer, c’est vivre."

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MessageSujet: Re: Poèmes...   Mar 22 Sep 2015 - 12:42

Chanson

Toi, à qui je ne confie pas
mes longues nuits sans repos,
Toi qui me rends si tendrement las,
me berçant comme un berceau ;
Toi qui me caches tes insomnies,
dis, si nous supportions
cette soif qui nous magnifie,
sans abandon ?
Car rappelle-toi les amants,
comme le mensonge les surprend
à l'heure des confessions.

Toi seule, tu fais partie de ma solitude pure.
Tu te transformes en tout : tu es ce murmure
ou ce parfum aérien.
Entre mes bras : quel abîme qui s'abreuve de pertes.
ils ne t'ont point retenue, et c'est grâce à cela, certes,
qu'à jamais je te tiens.

Rainer Maria Rilke

http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/rilke/rilkerainermaria.html

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MessageSujet: Re: Poèmes...   Jeu 8 Oct 2015 - 9:41

Un jour,

J'ai trouvé une plume,
Une plume de canard,
Une de moins, sur son costume,
C'était trop tard,

Suffira-t-elle pour voler ?

J'ai trouve un cil,
Un cil de loup,
Que deviendra-t-il ?
Il court comme un fou,

Y verrais-je plus clair ?

Puis,

J'ai trouve une pièce,
Une pièce de dix franc,
Rampant en liesse,
dans la terre, je la prends,

En serais-je plus riche ?

Un autre jour,

J'ai trouvé un cailloux,
Un cailloux troué,
Au sol jetant mes genoux,
Je l'ai ramassé.

En ferais-je un collier ?

Enfin,

J'ai trouvé un cœur,
A qui c'est ?
Et sans peur,
Je l'ai attrapé…

M'appartiendra-il ?

Puis j'ai tout donné,
sans rien garder.
rien n'est à moi.

Et comme une plume,
Légère,
Je navigue en eau claire…


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MessageSujet: Re: Poèmes...   Sam 31 Oct 2015 - 5:31

J'ai un oiseau dans le cœur,
Il part la nuit,
Te retrouver,
Comme un vieil ami.

J'ai un oiseau dans le cœur,
Te fredonnant l'hymne,
Celui de l'intérieur,
Il te rejoint dans l’abîme.

J'ai un oiseau dans le cœur,
Te berçant comme une mère,
Une petite lueur,
Il éclaire ton mystère.

J'ai un oiseau dans le cœur,
Comme un soleil,
Il ennoblit les fleurs,
Et augure ton éveil.


My

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