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  Krishnamurti, son oeuvre...

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Myriam
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MessageSujet: Krishnamurti, son oeuvre...   Sam 12 Déc 2009 - 13:14

Rappel du premier message :

"Le livre de la méditation et de la vie" - Krishnamurti


Un livre excellent d'un auteur que j'aime beaucoup, m'aidant à avancer sur le long chemin de l'éveil, celui de l'âme:


Extrait:


"Il n'y a pas d'entité distincte du désir : il n'y a que le désir, il n'y a pas de sujet qui désire.

Le désir prend des masques différents à différentes époques, selon ses intérêts. Le souvenir de ces intérêts changeants affronte l'inédit, ce qui provoque le conflit, et c'est ainsi que naît celui qui choisit, qui se fonde en entité séparée et distincte du désir.

Mais l'entité n'est pas différente de ses qualités. L'entité qui essaye de combler ou de fuir le vide, l'incomplétude, la solitude, n'est pas différente de ce à quoi elle cherche à échapper : elle est ce vide, cette incomplétude, cette solitude. Elle ne peut pas se fuir elle-même ; tout ce qu'elle peut faire, c'est se comprendre elle-même. Elle est sa solitude, sa vacuité, et tant qu'elle les considère comme étant séparées d'elle-même, elle sera dans l'illusion et les conflits sans fin. Lorsque cette entité fera l'expérience directe du fait qu'elle et sa solitude ne font qu'un, alors seulement pourra disparaître la peur.

La peur n'existe que par rapport à une idée, et l'idée est la réponse de la mémoire en tant que pensée. La pensée est le résultat de l'expérience ; et bien qu'elle puisse méditer sur le vide, avoir des sensations à son propos, elle ne peut avoir la connaissance directe de ce vide. Le mot "solitude", lourd de ses souvenirs de souffrance et de peur, empêche qu'on ait de la solitude une expérience fraîche et neuve. Le mot est souvenir, et lorsque le mot n'a plus d'importance, la relation entre le sujet et l'objet de l'expérience est radicalement différente ; alors cette relation est directe et ne passe plus par le mot, par le souvenir ; alors celui qui fait l'expérience est l'expérience, qui seule libère de la peur."

J. Krishnamurti, Le livre de la méditation et de la vie



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Dernière édition par Myriam le Dim 3 Avr 2011 - 17:11, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Mar 28 Sep 2010 - 6:29

Myriam a écrit:
"La vérité ne se rencontre que d'instant en instant, ce n'est pas un phénomène continu, mais l'esprit qui cherche à la découvrir, étant lui-même le produit du temps, ne peut fonctionner que dans le champ du temps ; il est donc incapable de trouver la vérité.

NON, NON, NON...... c'est faux, l'esprit peut trouver LA VERITE, il ne peut pas la POSSEDER c'est tout....

Si je veux connaître l'esprit, l'esprit doit se connaître lui-même, car il n'existe pas de "je" indépendant de l'esprit. Il n'y a pas de qualités qui soient indépendantes de l'esprit, de même que les qualités du diamant sont indissociables du diamant lui-même. Pour comprendre l'esprit, vous ne pouvez pas l'interpréter en fonction des idées d'un autre que vous, mais vous devez observer comment fonctionne votre propre esprit dans sa globalité. Lorsque vous en connaissez tout le mécanisme – son mode de raisonnement, ses désirs, ses motivations, ses ambitions, ses centres d'intérêt, son envie, son avidité, sa peur – alors l'esprit peut aller au-delà de lui-même, et c'est lorsqu'il se transcende que l'on découvre quelque chose de totalement nouveau. Cette qualité de nouveauté suscite en l'être une formidable passion, un formidable enthousiasme qui provoque une révolution intérieure profonde : et seule cette révolution intérieure peut transformer le monde – ce qu'aucun système politique ou économique n'est capable de faire."

PARTIELLEMENT vrai, mais pas dans le BON ORDRE de REALISATION.....c'est pas la QUALITE de NOUVEAUTE qui provoque la REVOLUTION INTERIEURE, c'est la REVOLUTION INTERIEURE qui provoque la NOUVEAUTE.....par TRANSFORMATION.... qui permet renouvellement, régénération de ce qui autrement, sans ELLE, va à dispersion affaiblissement, épuisement et mort......la TRANCENDANCE n'est que l'orientation autre que l'orientation ordinaire que le beaucoup donne à sa Vie......le beaucoup étant encore trop attiré par les néons des manèges extérieurs....qui tirent vers le bas....

C'est aussi pour cela que je n'aime pas trop KRISHNAMURTI, outre les fait qu'il a pas mal de trucs intéressants chez lui, il y a tout un tas d'âneries plus grosses que celles que font les enfants en classe maternelle, signe que KRISHNAMURTI ne devait pas trop pratiquer ce qui permet TOUTE CONNAISSANCE.....même si sa connaissance était semble t'il nettement supérieure à la connaissance ordinaire habituelle de tout un chacun dans certains domaine (j'ai toujours trouvé KRISHNAMURTI assez indigeste à écouter et ou à lire je dois dire, très très fatigant en fait

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Myriam
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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Sam 2 Oct 2010 - 10:10

Le Temps - Un état hors du temps.

"Lorsque nous parlons de temps, nous n'entendons pas par là le temps chronologique, le temps des horloges. Ce temps-là existe, et il doit exister. Pour prendre un autobus, ne pas rater le train ou le rendez-vous prévu pour demain, le temps chronologique est nécessaire. Mais, d'un point de vue psychologique, demain existe-t-il ? Psychologiquement parlant, demain a-t-il une existence réelle ? Ou ce demain est-il créé par la pensée, qui, au vu de l'impossibilité de tout changement direct, immédiat, invente ce système de progression graduelle ?

Je vois bien moi-même, en tant qu'être humain, qu'il est terriblement difficile de mettre en œuvre, dans ma manière de vivre, de penser, de ressentir, et dans mes actions, une révolution radicale, et je me dis : "Il me faudra du temps, mais je vais changer – demain, ou dans un mois." C'est de ce temps-là dont nous parlons ici : de la structure psychologique du temps, de demain, du futur, et c'est dans ce temps-là que nous vivons. Le temps, c'est le passé, le présent, le futur – pas le temps comptable des horloges. Ce que je fus hier opère à travers le présent pour créer le futur. C'est un phénomène relativement simple. J'ai vécu, il y a un an, une expérience qui a laissé une empreinte dans mon esprit, et je traduis le présent en fonction de cette expérience, du savoir, de la tradition, du conditionnement, et c'est ainsi que je crée ce lendemain. Je reste prisonnier de ce cercle. C'est cela qu'on appelle la vie ; c'est cela qu'on appelle le temps.

La pensée – c'est-à-dire vous – la pensée avec tous ses souvenirs, son conditionnement, ses idées, ses espoirs et ses désespoirs, et cette solitude absolue de l'existence, c'est tout cela, le temps... mais si nous voulons comprendre cet autre état – qui est hors du temps, dans lequel le temps s'est arrêté – il faut parvenir à savoir si l'esprit peut être totalement libéré de toute expérience – c'est-à-dire délivré du temps."

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Myriam
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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Sam 9 Oct 2010 - 10:55



"Vous est-il déjà arrivé – oui, j'en suis sûr – d'avoir la perception soudaine d'un événement, et que, dans cet instant de perception, le problème s'évanouisse ?
Le problème a définitivement cessé à l'instant même où vous l'avez perçu.
Est-ce que vous comprenez ?

Vous avez un problème, alors vous y songez, vous en discutez, vous vous tracassez à son sujet ; vous mettez en œuvre, pour l'appréhender, tous les moyens dont vous disposez dans les limites de votre pensée.
Et à la fin, vous dites : "Je ne peux rien faire de plus."

Personne ne peut vous venir en aide, aucun gourou, aucun livre.
Vous restez seul face au problème, et il n'y a pas d'issue.
Ayant exploré le problème dans la pleine mesure de vos capacités, vous le laissez tomber.
Votre esprit ne s'en préoccupe plus, cesse de s'y user, et vous cessez de dire : "Je dois trouver la réponse" ; il devient alors silencieux, n'est-ce pas ?
Et dans ce silence, vous trouvez la réponse.
Cela ne vous est-il jamais arrivé, à une occasion ou une autre ?
Il n'y a rien d'exceptionnel à cela.
C'est une chose qui arrive à de grands mathématiciens et scientifiques, et certaines personnes en font parfois l'expérience dans leur vie quotidienne.
Et qu'est-ce que cela veut dire ?

Que l'esprit, après avoir exercé pleinement toutes ses facultés de pensée, est arrivé à la lisière extrême de toute pensée sans avoir trouvé de réponse ; donc, il fait silence – mais pas par lassitude, pas par épuisement, ni parce qu'il s'est dit : "Je vais faire silence, grâce à quoi je trouverai la réponse."
Ayant épuisé toutes les possibilités pour trouver la réponse, l'esprit devient spontanément silencieux.

Alors est une conscience lucide, une conscience qui ne choisit rien, n'exige rien, une conscience d'où toute angoisse est absente ; et dans cet état d'esprit est la perception.

Seule cette perception saura résoudre tous nos problèmes
."

à voir par soi-même...

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Myriam
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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Lun 11 Oct 2010 - 16:29


"Lorsqu'on est jeune, disait-il, il ne faut pas s'en tenir à la simple révolte, mais être un révolutionnaire...et cette révolution psychologique implique le refus des schémas établis."


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Christalain
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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Mer 13 Oct 2010 - 16:46

]

Les 7 autres parties sont disponibles sur Youtube.

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http://axial-media.over-blog.org/
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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Jeu 14 Oct 2010 - 18:27

Merci Christalain...émouvant et empli de sagesse...et si actuel !!

"L'esprit est l'unique instrument dont vous disposiez ; et l'esprit, c'est également le cerveau.

Donc, pour pouvoir comprendre la vérité en ce domaine, vous devez comprendre le mécanisme de l'esprit, n'est-ce pas ?
Si l'esprit est faussé, la vision juste ne sera jamais juste ; et si l'esprit est très limité, il est impossible de percevoir ce qui est sans limites.
L'esprit est l'instrument de la perception, et pour percevoir véritablement, il doit être remis dans le droit fil, lavé de tout conditionnement, de toute peur.
L'esprit doit être aussi libéré du savoir, car le savoir dévoie l'esprit et distord tout.

Cette immense capacité d'invention, d'imagination, de spéculation, de réflexion qui est le propre de l'esprit – ne faut-il pas s'en défaire, si l'on veut que l'esprit puisse retrouver sa fraîcheur, sa simplicité ?

Car seul l'esprit innocent – l'esprit qui, tout en ayant une vaste expérience de la vie, est en même temps vierge de tout savoir, de toute expérience – seul un tel esprit peut découvrir cette chose qui est plus que le cerveau et l'esprit.

Sinon, ce que vous découvrirez sera dénaturé par l'expérience déjà vécue, et votre expérience n'est que le résultat de votre conditionnement."

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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Sam 16 Oct 2010 - 6:35

"...Si nous n'avions pas d'expériences, que nous arriveraient-ils ? Nous avons besoin de leurs provocations pour nous tenir éveillés. S'il n'y avait en nous ni conflits, ni perturbations, ni changements, nous serions tous profondément endormis. Donc ces rappels sont nécessaires pour presque tout le monde. Nous pensons que sans eux nos esprits deviendraient stupides et lourds, par conséquent nous avons besoin de provocations et d'expériences pour nous faire vivre plus intensément et pour aiguiser nos esprits. Mais en vérité, cet état de dépendance ne fait qu'émousser nos esprits. Il ne nous tient pas du tout éveillés.

Je me demande donc s'il me serait possible d'être éveillé totalement, non en quelques points périphériques de mon être, mais totalement éveillé, sans provocations ou expériences. Cela exigerait une grande sensibilité, à la fois physique et psychologique. Cela voudrait dire qu'il me faudrait être affranchi de toute aspiration, car je provoquerais l'expérience dès l'instant que je l'appellerais. Pour être débarrassé de mes exigences intérieures, de mes désirs et de mes satisfactions, il me faudrait reprendre une investigation en moi-même et comprendre toute la nature de mon désir."

J.KRISHNAMURTI : Se Libérer du Connu

l'ensemble du texte ici:

http://www.paul-pujol.net/pages/Les_experiences_et_la_meditation_12-3554349.html

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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Mar 19 Oct 2010 - 11:41

"Seule l'innocence peut être passionnée.

Les innocents ignorent la douleur, la souffrance, même s'ils ont vécu des milliers d'expériences.

Ce ne sont pas les expériences qui corrompent l'esprit, mais les traces qu'elles laissent, les résidus, les cicatrices, les souvenirs. Ils s'accumulent, s'entassent les uns sur les autres, c'est alors que commence la souffrance.

Cette souffrance, c'est le temps. Le temps ne peut cohabiter avec l'innocence.

La passion ne naît pas de la souffrance. La souffrance, c'est l'expérience, l'expérience de la vie quotidienne, cette vie de tortures, de plaisirs éphémères, de peurs et de certitudes. Nul ne peut échapper à ces expériences, mais rien n'oblige à les laisser s'enraciner dans le terreau de notre esprit. Ce sont ces racines qui suscitent les problèmes, les conflits et les luttes incessantes. La seule issue, c'est de mourir chaque jour au jour précédent. Seul un esprit clair peut être passionné.

Sans passion, on ne voit ni la brise qui joue dans le feuillage, ni l'eau scintillante dans le soleil. Sans passion, point d'amour."



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Sandrine
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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Mar 19 Oct 2010 - 14:14

Tiens, me parle beaucoup celui-là. Parce qu'il met des mots sur ce que je vis. Vrai pardon : innocence : esprit clair : passion. Bref, la clef pour avancer!

Merci. Cool
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Myriam
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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Jeu 28 Oct 2010 - 17:07

"Nous cherchons toujours à jeter un pont entre ce qui est et ce qui devrait être ; et par là donnons naissance à un état de contradiction et de conflit où se perdent toutes les énergies"

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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Dim 31 Oct 2010 - 6:25

Interlocuteur : Je commence à me rendre compte que je suis dans un état d’extrême solitude. Que dois-je faire ?


Krishnamurti : Vous voulez savoir pourquoi vous éprouvez un sentiment de solitude. Savons-nous ce que veut dire la solitude et en sommes-nous conscients ? J’en doute fort, car nous sommes plongés dans des activités, dans des livres, dans des fréquentations, dans des idées qui nous empêchent de nous rendre compte de notre solitude.



Qu’appelons-nous solitude ? Le sentiment d’être vide, de ne rien posséder, d’être extraordinairement incertain, sans racines nulle part. Ce n’est pas du désespoir, ni une désespérance, mais une vacuité et un sens de frustration. Je suis sûr que nous l’avons tous ressenti, ceux d’entre nous qui sont heureux, comme ceux qui sont malheureux, les très, très actifs comme ceux qui s’adonnent à l’étude. Nous connaissons tous cela. C’est le sens d’une douleur inépuisable, d’une douleur que l’on ne peut pas étouffer, quelque effort que l’on fasse dans ce sens.


Abordons ce problème en cherchant à voir ce qui se produit réellement, comment nous nous comportons au juste lorsque nous éprouvons ce sentiment de solitude. Nous essayons de le fuir. Vous poursuivez votre lecture interrompue, vous allez consulter un sage, vous allez au cinéma, vous devenez très, très actif socialement, vous allez prier, vous vous mettez à peindre, ou bien à écrire un poème sur la solitude. C’est cela qui se produit en fait.



Prenant conscience de votre solitude, de la douleur qu’elle comporte, de la peur insondable qui l’accompagne, vous cherchez une évasion, et c’est cette évasion qui devient importante ; par conséquent vos activités, vos connaissances, vos dieux, vos radios deviennent importants aussi. Lorsque vous accordez de l’importance à des valeurs secondaires, elles mènent au chaos, car les valeurs secondaires sont inévitablement sensorielles. Et la civilisation moderne basée sur elles vous offre les évasions que vous cherchez, par le truchement de votre emploi, de votre famille, de votre nom, de vos études, de vos expressions artistiques, etc. Toute notre culture est basée sur ces évasions. Notre civilisation est fondée dessus, c’est un fait.


Avez-vous jamais essayé d’être seul ? Essayez, et vous verrez comme c’est extraordinairement difficile et quelle intelligence il faut pour être seul, car notre esprit ne nous permet pas de l’être. Il commence à s’agiter, à s’affairer autour d’évasions possibles. Que sommes-nous donc en train de faire à ce moment-là ? Nous essayons de remplir ce vide extraordinaire avec du connu. Nous apprenons à être actifs et sociables, à étudier, à manipuler la radio. Ainsi nous remplissons cette chose que nous ne connaissons pas — ce vide — avec toutes sortes de connaissances, de contacts ou d’objets. N’est-ce pas ainsi que cela se passe ? C’est cela notre processus ; c’est cela, notre existence. Or, sitôt que vous vous rendez compte de ce que vous faites, pensez-vous encore pouvoir remplir ce vide ? Vous vous y êtes efforcés par tous les moyens. Y êtes-vous parvenus ? Vous êtes allés au cinéma et cela n’a pas réussi, alors vous allez chez votre gourou ou dans une bibliothèque, ou vous devenez très actifs socialement. Etes-vous parvenus à remplir le vide ou l’avez-vous simplement recouvert ? Si vous l’avez simplement recouvert, il est toujours là et surgira de nouveau. Si vous parvenez à une évasion totale, vous vous retrouverez dans un asile d’aliénés ou vous deviendrez complètement stupides. Et c’est exactement ce qui se produit dans le monde.


Ce vide, cette vacuité peut-elle être remplie ? Si elle ne peut pas l’être, pouvons-nous la fuir, nous en évader ? Si nous avons tenté une évasion et que nous avons vu qu’elle n’a aucune valeur, ne voyez-vous pas que les autres ne valent pas plus ? Il importe peu que vous remplissiez ce vide avec ceci ou cela. Ce que vous appelez méditation est une évasion aussi. Il importe peu que vous modifiiez l’itinéraire de votre fuite.


Comment découvrirez-vous la façon de traiter cette solitude ? Vous ne la découvrirez que lorsque vous aurez cessé de fuir. Sitôt que l’on est décidé à affronter ce qui « est » — ce qui veut dire que l’on n’ouvre pas la radio, ce qui veut dire que l’on tourne le dos à la civilisation — cette solitude prend fin parce qu’elle est complètement transformée. Ce n’est plus de la solitude. Si l’on comprend ce qui « est », alors ce qui « est » est le réel. Mais parce que l’esprit ne cesse d’éviter de voir, de refuser de voir, de fuir ce qui « est », il crée ses propres obstacles.

Et parce que nous avons érigé tant d’obstacles qui nous empêchent de voir, de comprendre ce qui « est », nous nous éloignons de la réalité. Voir ce qui « est » non seulement requiert une grande vivacité et une lucidité dans l’action, mais veut dire aussi tourner le dos à tout ce que nous avons échafaudé, à notre compte en banque, à notre nom, à tout ce que vous appelez civilisation. Lorsque l’on voit ce qui « est » on voit comment la solitude est transformée.


Extrait du livre « La première et dernière liberté » de KrishnamurtiCopyright Krishnamurti Foundation of America(Traduit de l’anglais par Carlo Suares, éd. Stock)

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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Lun 8 Nov 2010 - 16:35

La Vie - Vivre en ce monde de manière anonyme.

"N'est-il pas possible de vivre en ce monde, sans ambition, en étant simplement ce que vous êtes ?
Si vous commencez à comprendre ce que vous êtes sans essayer d'y rien changer, alors ce que vous êtes fera l'objet d'une transformation.
Je crois possible de vivre en ce monde de manière anonyme, en étant un parfait inconnu, ni célèbre, ni ambitieux, ni cruel.

On peut mener une vie très heureuse quand on n'accorde aucune importance au moi, et cela participe aussi d'une éducation juste.
Le monde entier idolâtre le succès.

On entend parler d'histoires comme celle du jeune homme pauvre qui, à force de nuits d'étude, a fini par devenir juge, ou celle du petit livreur de journaux devenu millionnaire.

La glorification du succès est notre pain quotidien.

L'obtention de tout succès important se double aussi d'une grande souffrance ; mais nous nous laissons le plus souvent happer par le désir de réussite, et le succès compte pour nous beaucoup plus que la compréhension et la dissolution de la souffrance."


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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Mar 16 Nov 2010 - 19:06

"Entrer en contact avec la mort, mourir sans discussion, savez-vous ce que cela veut dire ?

Car la mort, lorsqu'elle vient, n'argumente pas avec vous.
Pour lui faire face, vous devez, chaque jour, mourir à toute chose : à votre angoisse, à votre solitude, aux relations auxquelles vous vous accrochez ; vous devez mourir à vos pensées, mourir à vos habitudes, mourir à votre femme afin de la regarder avec des yeux neufs ; vous devez mourir à la société afin de pouvoir, en tant qu'être humain, être neuf, frais, jeune, et capable de la regarder avec ces yeux-là.


Mais vous ne pourrez pas affronter la mort si vous ne mourez chaque jour.
Ce n'est que lorsqu'on meurt que naît l'amour.

L'esprit qui a peur est dénué d'amour – il a des habitudes, il a de la sollicitude, il peut se forcer à être bon et superficiellement attentionné.
Mais la peur engendre la souffrance, et la souffrance, c'est le temps sous forme de pensée.

Donc, mettre fin à la souffrance, c'est entrer en contact avec la mort de votre vivant – en mourant à votre nom, à votre maison, à vos biens, à votre cause, de sorte que vous débordiez de fraîcheur, de jeunesse, de lucidité, et que vous puissiez voir les choses telles qu'elles sont, sans la moindre distorsion.
C'est ce qui va se passer à l'heure de votre mort.
Mais notre mort aux choses physiques est limitée.

Nous admettons, en toute logique et en toute raison, que l'organisme cesse un jour de vivre. C'est pourquoi nous nous inventons une vie, tissée de tout notre vécu – tissée de nos angoisses quotidiennes, de notre insensibilité quotidienne, de nos problèmes toujours plus nombreux, de toutes ces stupidités de la vie ; cette vie que nous voudrions perpétuer, nous l'appelons "l'âme" – qui est, selon nous, ce qu'il y a de plus sacré, qui participe du divin, alors qu'elle fait toujours partie de votre pensée et n'a donc rien à voir avec la divinité.
Telle est votre vie !

Il faut donc, chaque jour, vivre et mourir à la fois – car c'est en mourant qu'on est au contact de la vie."

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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Mar 23 Nov 2010 - 19:01

"L'amour ne peut se cultiver.

L'amour ne peut être divisé en amour divin et amour physique ; l'amour est simplement l'amour – la question n'est pas de savoir si l'on a plusieurs, ou un seul et unique objet d'amour.

Autre exemple de question absurde : "Aimez-vous absolument tout ?"
Une fleur qui exhale son parfum ne se préoccupe pas, bien sûr, de savoir qui vient la humer, ou qui choisit de lui tourner le dos. Il en va de même pour l'amour.

L'amour n'est pas un souvenir.L'amour ne procède pas de l'esprit ou de l'intellect.
Mais il éclôt naturellement, comme la compassion, lorsque l'ensemble du problème de l'existence – c'est-à-dire la peur, l'avidité, l'envie, l'espoir et le désespoir – a été compris et résolu.

L'ambitieux est incapable d'amour. L'homme qui est attaché à sa famille est dénué d'amour. La jalousie n'a rien à voir non plus avec l'amour.
Lorsque vous dites : "J'aime ma femme", – vous n'êtes pas vraiment sincère, puisque l'instant d'après vous êtes jaloux d'elle. L'amour suppose une grande liberté ; pas de faire tout ce qui nous plaît. Mais l'amour ne vient que lorsque l'esprit est très silencieux, désintéressé, sans égocentrisme.
Ce ne sont pas là des notions idéales. Si vous n'avez pas d'amour en vous, vous aurez beau faire – courir après tous les dieux de la terre, déborder d'activité sociale, tenter des réformes en direction des pauvres, de la politique, écrire des livres, des poèmes – vous ne serez rien d'autre qu'un être mort.

Et sans l'amour, vos problèmes ne feront que croître et se multiplier à l'infini.
Mais avec l'amour, quoi que vous fassiez, il n'y a aucun risque ; il n'y a aucun conflit.
Alors l'amour est l'essence de la vertu.

Et l'esprit qui n'est pas en état d'amour n'est en aucun cas un esprit religieux.
Or seul l'esprit qui est religieux est délivré des problèmes, et connaît la beauté de l'amour et de la vérité."

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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Mer 24 Nov 2010 - 18:10

L'Amour - L'amour sans motif.

"Qu'est-ce que l'amour sans motif ?
Peut-il exister un amour sans stimulant, sans désir d'obtenir quelque chose pour soi-même ?
Peut-il exister sans le sentiment d'être blessé lorsqu'il n'est pas réciproque ?
Si je vous offre mon amitié et que vous la refusez, ne suis-je pas blessé ?
Cette blessure est-elle le produit de mon amitié, de ma générosité, de ma sympathie ?
Tant que je peux être blessé, tant que la peur est là, tant que je vous aide dans l'espoir d'une aide en retour – c'est ce qu'on appelle rendre service – il n'y a pas d'amour.
Si vous comprenez cela, la réponse est là."

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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Mer 1 Déc 2010 - 14:39

L'Amour - Il faut venir les mains vides.
"La compassion n'est pas difficile lorsque le cœur n'est pas rempli des sournoiseries de l'esprit.

C'est l'esprit, avec ses exigences et ses peurs, ses attachements et ses refus, ses déterminations et ses besoins, qui détruit l'amour.

Et comme il est difficile de rester simple par rapport à tout cela !

Vous n'avez nul besoin de philosophies ni de doctrines pour être bon et doux.
Ceux qui, dans le pays, ont l'efficacité et le pouvoir, feront en sorte que tous soient nourris et vêtus, aient un logement et reçoivent des soins médicaux.
Cela est inévitable, compte tenu de l'accroissement rapide de la production ; c'est le rôle d'un gouvernement bien organisé et d'une société équilibrée.
Mais aucune organisation ne donne la générosité du cœur et du geste.
La générosité provient d'une source toute différente, une source au-delà de toute mesure.

L'ambition et l'envie la détruisent aussi sûrement que le feu brûle.
Il faut toucher cette source, mais on doit venir à elle les mains vides, sans prières et sans sacrifices.

Aucun livre ne peut rien nous en apprendre, aucun gourou ne peut nous mener jusqu'à elle.

On ne peut l'atteindre en cultivant la vertu, bien que la vertu soit nécessaire, ni grâce à ses capacités et à sa soumission.

Lorsque l'esprit est serein, sans le moindre mouvement, elle est là.
La sérénité n'a pas de motif, elle ignore la soif du plus."

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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Dim 5 Déc 2010 - 10:29

Celui qui est seul est innocent

"L'une des sources de la souffrance de l'homme est son immense solitude. Vous pouvez avoir des compagnons, des dieux, posséder des quantités de connaissances, vous pouvez être formidablement actif socialement, et bavarder sans fin de politique – d'ailleurs, la plupart des politiciens sont des bavards –, ce sentiment de solitude n'en demeure pas moins. C'est pourquoi l'homme cherche un sens à la vie et lui invente une signification, un sens. Mais la solitude demeure. Pouvez-vous donc regarder cette solitude, sans comparaison, la voir simplement telle qu'elle est, sans essayer de la fuir, sans chercher à la camoufler, ou à lui échapper? Alors vous verrez que la solitude devient quelque chose de tout à fait différent.

Nous ne sommes pas seuls. Nous sommes le résultat de mille influences et conditionnements, de mille héritages psychologiques, de mille formes de propagande et de culture.

Nous ne sommes pas seuls, nous sommes donc des êtres humains de seconde main. Lorsqu'on est seul, totalement seul, qu'on n'appartient à aucune famille, bien qu'on puisse en avoir une, à aucune patrie, à aucune culture, qu'on n'est lié par aucun engagement particulier, surgit alors cette impression d'être un étranger – étranger à toute forme de pensée, d'action, de famille, de patrie.

Et n'est innocent que celui qui est complètement seul. C'est cette innocence qui libère l'esprit de la souffrance."

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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Mer 8 Déc 2010 - 9:45

C'est ici qu'il faut commencer:

"L'homme religieux ne cherche pas Dieu.
L'homme religieux se sent concerné par la transformation de la société, c'est-à-dire de lui-même.

L'homme religieux n'est pas celui qui observe d'innombrables rituels, qui se plie aux traditions, qui vit une culture morte, dépassée, qui explique sempiternellement la Gîtâ ou la Bible, qui psalmodie interminablement, ou qui mène la vie de sannyasi – cet homme-là n'est pas religieux, il fuit la réalité des faits.

L'homme religieux s'implique totalement, complètement, dans une démarche de compréhension de la société, qui n'est autre que lui-même.
Il n'est pas distinct de la société.

Susciter en lui-même une complète et totale mutation signifie pour lui la cessation complète de toute avidité, de toute envie, de toute ambition ; il n'est plus dépendant des conditions alentour, bien qu'il soit le produit de tout ce qui l'environne – de la nourriture qu'il consomme, des livres qu'il lit, des cinémas qu'il fréquente, des dogmes religieux, des croyances, des rituels, et tout ce genre d'affaires – il n'est plus dépendant de cet environnement.

L'homme religieux est responsable, il doit par conséquent se comprendre lui-même, lui qui est le produit d'une société qu'il a lui-même engendrée.
Donc, dans sa quête de réalité, c'est ici même qu'il doit commencer, et pas dans un temple, et pas par une image – qu'elle ait été ciselée par la main ou l'esprit.
Sinon, comment pourrait-il rencontrer l'inédit total, un nouvel état?"


merci à la vie de m'envoyer ces écrits...

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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Mar 28 Déc 2010 - 21:16

Merci Alain, oui bonne fête aux "Innocents"...

"Les innocents ignorent la douleur, la souffrance, même s'ils ont vécu des milliers d'expériences.
Ce ne sont pas les expériences qui corrompent l'esprit, mais les traces qu'elles laissent, les résidus, les cicatrices, les souvenirs. Ils s'accumulent, s'entassent les uns sur les autres, c'est alors que commence la souffrance.

Cette souffrance, c'est le temps. Le temps ne peut cohabiter avec l'innocence.

La passion ne naît pas de la souffrance. La souffrance, c'est l'expérience, l'expérience de la vie quotidienne, cette vie de tortures, de plaisirs éphémères, de peurs et de certitudes. Nul ne peut échapper à ces expériences, mais rien n'oblige à les laisser s'enraciner dans le terreau de notre esprit. Ce sont ces racines qui suscitent les problèmes, les conflits et les luttes incessantes. La seule issue, c'est de mourir chaque jour au jour précédent. Seul un esprit clair peut être passionné.

Sans passion, on ne voit ni la brise qui joue dans le feuillage, ni l'eau scintillante dans le soleil. Sans passion, point d'amour."

Krishnamurti

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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Sam 8 Jan 2011 - 7:23

Oui, la révolution est intérieure...




bon weekend à tous

ça sent le printemps ici !!

flower

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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Dim 13 Fév 2011 - 20:15

"Vous pouvez cacher le vide sous le mot « amour », mais lorsque l’objet de votre amour n’est plus là ou ne répond plus, alors vous avez conscience du vide, vous êtes frustré. Nous utilisons le mot « amour » comme un moyen d’échapper à nous-même, à notre propre insuffisance. Nous nous attachons à celui ou celle que nous aimons, nous sommes jaloux, nous sommes tristes lorsque la personne aimée n’est pas là et lorsqu’elle meurt nous sommes complètement découragés ; et nous cherchons des consolations dans d’autres formes, dans des croyances ou tout autre objet de remplacement.

Tout cela est-il l’amour ? L’amour n’est pas une idée, le résultat d’une association ; l’amour n’est pas une chose que l’on peut utiliser pour échapper à notre misère ; et lorsque nous faisons cela, nous créons des problèmes qui n’ont pas de solution."


"Qu’est-ce que l’amour ? Est-il plaisir ? Est-il désir ? L’amour est-il attachement, dépendance, possession de la personne que vous aimez et que vous dominez ? Est-ce amour quand vous dites : « Ceci est à moi et pas à vous, cela m’appartient, j’ai des droits sexuels » - qui impliquent jalousie, haine, violence ? Et puis encore, on a partagé l’amour en sacré et en profane, c’est une partie de notre conditionnement religieux ; tout cela, est-ce l’amour ?

Pouvez-vous aimer et être ambitieux ? Pouvez-vous aimer votre mari, peut-il prétendre vous aimer s’il est ambitieux ? Peut-il y avoir amour, là où il y a concurrence et lutte pour la réussite ?

Rejeter tout cela, non seulement intellectuellement ou verbalement, mais le balayer de tout notre être, ne plus jamais être la proie d’aucune jalousie, d’aucune envie, d’aucune ambition, d’aucun désir de surclasser - rejeter tout cela c’est bien certainement l’amour. Et ces deux façons d’agir ne peuvent jamais aller ensemble. L’homme qui est jaloux, la femme qui est dominatrice, ne savent pas ce que signifie l’amour - ils peuvent en parler, dormir ensemble, se posséder l’un l’autre, dépendre l’un de l’autre pour leur confort, leur sécurité, leur crainte de solitude, mais tout cela ce n’est certainement pas de l’amour.

Si ceux qui prétendent aimer leurs enfants parlaient sérieusement, aurions-nous des guerres ?"

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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Lun 14 Fév 2011 - 18:45

« Comme lorsqu'on laisse la fenêtre ouverte et que l'air entre à sa guise, la méditation c'est tout ce que l'air apporte, c'est tout ce qu'est le vent. Mais si vous êtes aux aguets, si vous attendez que le vent s'engouffre par la fenêtre parce que vous l'avez ouverte, jamais le vent ne viendra. Il faut qu'elle soit ouverte par amour, par affection, en toute liberté, et non pas dans l'attente de quelque chose."

L'impossible question

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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Dim 3 Avr 2011 - 17:09

3 clés pour comprendre Jiddu Krishnamurti, dans "le Monde des religions":

Une belle synthèse:

http://www.lemondedesreligions.fr/mensuel/2010/41/jiddu-krishnamurti-07-05-2010-186_107.php

"Le texte:

La Révolution du silence (Stock, 1971)
La pensée est structurale, raisonnable ou déraisonnable, objective ou malsaine, et lorsqu’elle essaie de méditer par raison, elle projette inévitablement ce qu’elle est et prend sa structure pour la réalité. C’est comme le croyant qui médite sur sa propre croyance : il renforce et sanctifie ce qu’il a créé lui-même, poussé par sa peur. Le mot est l’image ou le tableau, objet d’une idolâtrie qui devient la pensée essentielle… Le mot n’est pas seulement un élément du langage, il n’est pas un simple son, c’est aussi un symbole, le rappel de tout souvenir susceptible de déclencher le mouvement de la mémoire, de la pensée. La méditation est l’absence totale de ce mot. La racine de la peur est le mécanisme du mot."


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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Jeu 7 Avr 2011 - 4:07

"Toute relation est inévitablement douloureuse, ce dont notre existence quotidienne donne ample témoignage. Une relation où n'entre aucune tension cesse d'en être une, elle n'est plus qu'une drogue, un soporifique qui endort confortablement – et c'est ce qui convient le mieux à la plupart d'entre nous. Il y a conflit entre ce désir intense de réconfort et la situation effective, entre l'illusion et le fait. Si vous reconnaissez l'illusion, alors vous pouvez, en la dissipant, consacrer toute votre attention à la compréhension de la relation. Mais si vous recherchez la sécurité dans la relation, celle-ci devient un investissement de confort, un capital d'illusion – alors que c'est l'absence même de sécurité de toute relation qui en fait la grandeur. En recherchant une sécurité dans la relation, c'est la fonction même de la relation que vous entravez – attitude qui a ses propres conséquences et engendre ses propres malheurs.

Il ne fait aucun doute que la fonction de toute relation est de révéler l'état de notre moi tout entier. La relation est un processus de révélation et de connaissance de soi. Ce dévoilement de soi est douloureux, il exige des ajustements constants, une souplesse permanente de notre système intellectuel et émotionnel. C'est une lutte difficile, avec des périodes de paix lumineuse...

Mais en général nous cherchons à éviter ou éliminer la tension dans la relation, lui préférant la facilité et le confort d'une dépendance béate, d'une sécurité incontestée, d'un havre sûr. Alors la famille et les autres relations deviennent un refuge, le refuge des êtres inconséquents.

Dès que l'insécurité s'insinue au cœur de la dépendance, comme c'est inévitablement le cas, alors on laisse tomber la relation pour en nouer une autre, dans l'espoir d'y trouver une sécurité durable ; mais il n'existe de sécurité dans aucune relation, et la dépendance n'engendre que la peur. Si l'on ne comprend pas ce processus de sécurité et de peur, la relation devient une entrave, un piège, une forme d'ignorance. Toute l'existence n'est alors que lutte et souffrance, et il n'y a pas d'issue, si ce n'est dans la pensée juste, qui est le fruit de la connaissance de soi."

J'aime ce questionnement au delà des mots, qui va où personne n'a envie d'aller, voir ce qui est.

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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Dim 15 Mai 2011 - 19:06

quelques belles vidéos de Krishnamurti ainsi que pas mal de ses textes:

ici:

http://www.jkrishnamurti.org/fr/




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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Mer 1 Juin 2011 - 7:37

Krishnamurti: Mieux comprendre la mort (vendredi 30 mars 1984, Dernier journal, p.160-162, Editions du Seuil, 1997)

"(...) Les enfants sont doués d'une extraordinaire curiosité. Si vous comprenez la nature de la mort, vous n'aurez pas à indiquer que tout meurt, que la poussière retourne à la poussière, mais, sans aucune peur, vous leur expliquerez doucement la mort. Vous leur ferez sentir que vivre et mourir ne font qu'un, ne sont qu'un seul mouvement qui ne commence pas à la fin de la vie après cinquante, soixante ou quatre-vingt-dix ans, mais que la mort est comme cette feuille.

Voyez les hommes et les femmes âgés, comme ils sont décrépits, perdus, malheureux, comme ils sont laids. Serait-ce qu'ils n'ont pas compris ce que signifie vivre ou mourir ? Ils ont utilisé la vie, s'en sont servis, l'ont gaspillée dans le conflit sans fin qui ne fait qu'exercer et fortifier la personne, le moi, l'ego. Nous passons nos jours en conflits et malheurs de toutes sortes, parsemés d'un peu de joie et de plaisir, mangeant, buvant, fumant, dans les veilles et le travail incessant.

Et, à la fin de notre vie, nous nous trouvons face à cette chose qu'on appelle la mort et dont on a peur. Et l'on pense qu'elle pourra toujours être comprise et ressentie en profondeur. L'enfant, avec sa curiosité, peut être amené à comprendre que la mort n'est pas seulement l'usure du corps par l'âge, la maladie, ou quelque accident inattendu, mais que la fin de chaque jour est aussi la fin de soi-même.

Il n'y a pas de résurrection, c'est là une superstition, une croyance dogmatique.

Tout ce qui existe sur terre, sur cette merveilleuse terre, vit, meurt, prend forme, puis se fane et disparaît. Il faut de l'intelligence pour saisir tout ce mouvement de la vie, et ce n'est pas l'intelligence de la pensée, des livres ou du savoir, mais l'intelligence de l'amour, de la compassion avec sa sensibilité. Nous sommes tout à fait certains que si l'éducateur comprend la signification de la mort et sa dignité, l'extraordinaire simplicité de mourir — s'il la comprend, non pas intellectuellement mais en profondeur — il parviendra alors à faire saisir à l'étudiant ou à l'enfant que mourir, finir, n'a pas à être évité car cela fait partie de notre vie entière. Ainsi, quand l'étudiant ou l'enfant grandira, il n'aura jamais peur de sa fin. Si tous les humains qui nous ont précédés, de génération en génération, vivaient encore sur cette terre, ce serait terrible. Le commencement n'est pas la fin.

Et nous voudrions aider — non, ce n'est pas le mot juste — nous aimerions, dans l'éducation, donner à la mort une certaine réalité factuelle, non pas la mort d'un autre, mais la nôtre. Jeunes ou vieux, nous devrons inévitablement lui faire face. Ce n'est pas une chose triste, faite de larmes, de solitude, de séparation. Nous tuons si facilement, non seulement les animaux destinés à notre alimentation, mais encore ceux que nous massacrons inutilement, par divertissement — on appelle cela un sport. Tuer un cerf, parce que c'est la saison, équivaut à tuer son voisin. On tue les animaux parce que l'on a perdu contact avec la nature, avec les créatures qui vivent sur cette terre. On tue à la guerre au nom de tant d'idéologies romantiques, nationalistes ou politiques. Nous avons tué des hommes au nom de Dieu. La violence et la tuerie vont de pair

Et devant cette feuille morte dans toute sa beauté, sa couleur, peut-être pourrions-nous être conscients au plus profond de nous-mêmes, saisir ce que doit être notre propre mort, non pas à la fin ultime, mais au tout début de notre vie. La mort n'est pas une chose horrible, une chose à éviter, à différer, mais plutôt une compagne de chaque jour. De cette perception naît un immense sens de l'immensité."


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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Dim 5 Juin 2011 - 5:48

Un texte très éclairant, qui pose les "bonnes" questions:

Pourquoi ne pouvons-nous pas vivre dans la paix?

Il paraît étrange que nous ne puissions trouver une façon de vivre où il n'y ait ni conflit, ni souffrance, ni confusion, mais au contraire une abondance de joie et de bienveillance. Nous lisons des livres, œuvres d'intellec­tuels nous proposant des organisations économiques et morales de la société. Nous nous tournons aussi vers des ouvrages écrits par des théologiens, personnages religieux ayant leurs idées de prédilection et se complaisant à de nombreuses spéculations.

Apparemment, il est difficile pour la plupart d'entre nous de découvrir une manière de vivre qui soit vivante, paisible, pleine d'énergie et de clarté et où l'on ne dépende pas d'autrui. Nous sommes censés être des gens mûris et sophistiqués. Ceux d'entre nous qui sommes plus âgés avons assisté à deux épouvan­tables guerres, à des révolutions, des soulèvements, et à la souffrance sous toutes ses formes. Et pourtant nous voici, par une belle matinée, parlant de toutes ces choses, attendant peut-être qu'on nous dise quoi faire, qu'on nous indique une façon pratique de vivre, de suivre quel­qu'un qui nous donne une clef à la beauté de la vie et à une grandeur qui dépasse la routine quotidienne.

Je me demande - et vous aussi peut-être - pourquoi nous écoutons les autres. Pourquoi ne pouvons-nous pas trouver la clarté par nous-mêmes dans notre propre esprit, dans notre propre cœur, et sans aucune déforma­tion; pourquoi devons-nous être si encombrés de litté­rature? Ne pouvons-nous pas vivre pleinement, sereine­ment, dans une grande extase et véritablement en paix? Notre état de choses me paraît très étrange, mais il est ce qu'il est. N'avez-vous jamais considéré si vous ne pourriez pas vivre d'une vie complètement dépourvue d'efforts et de luttes? Nous faisons sans cesse des efforts pour changer ceci, pour transformer cela, pour supprimer une chose, en accepter une autre, pour imiter, pour mettre en pratique certaines formules et certaines idées.

Je me demande si nous nous sommes jamais préoccu­pés de savoir s'il est possible de vivre sans conflit - non pas pour cela nous retrancher dans un isolement intel­lectuel ou dans une ambiance émotive, sentimentale et brouillonne. Mais au contraire de vivre sans aucun effort du tout. Parce que l'effort, si agréable (ou désagréable), si satisfaisant ou si profitable qu'il soit, fausse et déforme l'esprit. C'est comme une machine qui fonctionne tout le temps avec frottement et jamais tout uniment et qui, ainsi, se détruit rapidement par l'usure.

Alors on se pose la question - et il me paraît qu'elle en vaut la peine – la question de savoir s'il est possible de vivre, tout effort étant éliminé, sans pour cela tomber dans la paresse, l'isolement, l'indifférence, l’insensitivité, la torpeur. Toute notre vie, depuis l'instant de notre naissance jusqu'à celui de notre mort, se passe dans une lutte interminable pour nous adapter, nous modifier, pour devenir quelque chose. Et cette lutte, ce conflit engendrent la confusion, émous­sent l'esprit et nos cœurs deviennent insensibles.


Donc, est-il possible - non pas en tant qu'idée, ou comme une chose sans espoir, au-delà de notre portée - de découvrir une façon de vivre sans conflit, non seu­lement superficiellement mais encore dans les profon­deurs de l'inconscient, dans la profondeur de nous-mêmes? Ce matin nous allons peut-être pouvoir pousser 'cette question très avant.

Et tout d'abord, pourquoi inventons-nous des con­flits, agréables ou pénibles, et est-il possible d'y mettre fin? Pouvons-nous y mettre fin et vivre d'une vie entiè­rement différente, disposant de la plus grande énergie, la plus grande clarté, la plus grande vigueur intellec­tuelle, la raison, et avoir dans le cœur une abondance d'amour dans le vrai sens de ce mot? Il y a lieu, me semble-t-il, d'appliquer notre esprit et notre cœur à cette question, à nous en pénétrer complètement.


Le conflit existe évidemment en nous à cause de nos contradictions intérieures, lesquelles s'expriment exté­rieurement dans la société, dans les activités du « moi » et du «non moi »; autrement dit, du « moi » avec toutes ses ambitions, ses élans, ses recherches, ses plaisirs, ses anxiétés, sa haine, sa compétition, sa peur, et de l'" autre " qui est le « non moi ». En face de cela il y a cette idée d'une existence sans conflits, sans désirs, sans recherches, sans poussées contradictoires. En prenant conscience de notre état de tension, nous pouvons contempler tout le tableau en nous-mêmes, les crispations issues d'exigences contradictoires, de conscience, d'idées, de recherches opposées.

C'est cette dualité, cette opposition dans nos désirs, avec leurs craintes et leurs contradictions, qui entraînent le conflit. Il me semble que ceci est assez clair quand nous observons la chose en nous-mêmes. Ce thème se répète sans cesse, non seulement dans notre vie quotidienne, mais encore dans la vie religieuse - entre le paradis et l'enfer, le bien et le mal, le noble et l'ignoble, l'amour et la haine et ainsi de suite. Si je puis vous le suggérer, je vous en prie, ne vous contentez pas d'écouter les paro­les, mais observez-vous vous-mêmes, sans analyser mais utilisant l'orateur comme un miroir dans lequel vous pouvez vous contempler réellement, prenant ainsi cons­cience du fonctionnement de votre esprit et de votre cœur, tandis que vous regardez dans ce miroir. On peut voir comment la division sous toutes ses formes, la sépa­ration ou la contradiction en soi-même ou en dehors de soi-même, suscitent inévitablement un conflit entre la violence et la non-violence.

Ayant constaté cet état de choses tel qu'il existe vraiment, est-il possible d'y mettre fin, non seulement au niveau superficiel de notre cons­cience, dans notre vie quotidienne, mais aussi très pro­fondément aux racines mêmes de notre être, de sorte que n'existent plus aucune contradiction, plus d'exigences ou de désirs en opposition, plus d'activité de l'esprit dua­liste? Comment faire? Nous cherchons toujours à jeter un pont entre le « moi » et le « non moi » - le « moi » avec ses ambitions, ses élans, ses contradictions, et le « non moi » qui est l'idéal, la formule, le concept. Nous cherchons toujours à jeter un pont entre ce qui est et ce qui devrait être; et par là, donnons naissance à un état de contradiction et de conflit où se perdent toutes nos énergies. Notre esprit peut-il cesser de diviser, ne peut-il pas demeurer complètement avec ce qui est? Et dans la compréhension de ce qui est, subsiste-t-il un conflit quelconque?


Je voudrais approfondir cette question, la voir sous un jour différent dans ses rapports avec la liberté et la crainte. La plupart d'entre nous avons soif de liberté, bien que nous vivions dans une activité égocentrique où nous passons nos journées penchés sur nous-mêmes, nos échecs, nos accomplissements. Nous voulons être libres - non seulement politiquement, ce qui est comparati­vement facile, à l'exception du monde des dictatures - mais libres aussi de toute propagande religieuse. Toute religion, ancienne ou moderne, est l'œuvre de propagan­distes et n'est par conséquent pas une religion. Plus on est sérieux, plus on s'intéresse à la qualité de notre vie, plus on recherche la vérité et plus on met en doute sans accepter, sans croire. On veut être libre dans le but de découvrir si la réalité existe, s'il existe quelque chose d'éternel, d'intemporel ou non. Il y a cet extraordinaire besoin d'être libre dans tous nos rapports. Mais en géné­ral cette liberté devient un processus d'auto-isolement et n'est par conséquent pas la vraie liberté.

Même notre besoin de liberté est empreint de peur. Parce que celle-ci peut signifier une insécurité complète et absolue, et cette insécurité nous paraît redoutable. Elle nous semble être une chose très dangereuse - chaque enfant aspire à la sécurité dans ses rapports avec l'exté­rieur. Et à mesure que nous vieillissons nous continuons à aspirer à la sécurité, à la certitude dans tous nos rap­ports avec les objets, les gens et les idées. Ce besoin de sécurité engendre inévitablement la peur et, ayant peur, nous dépendons de plus en plus des choses auxquelles nous sommes attachés. C'est ainsi que surgit la question de la liberté et de la peur, et on se demande s'il est le moins du monde possible d'être affranchi de cette peur, non seulement physiquement mais psychologiquement, non pas superficiellement mais encore dans les recoins les plus obscurs et les plus profonds de notre âme, dans ces mêmes recoins secrets qui n'ont jamais été pénétrés. L'esprit peut-il être entièrement et complètement affran­chi de toute angoisse? C'est la peur qui détruit l'amour - ceci n'est pas une théorie - c'est elle qui facilite l'anxiété, l'attachement, la possessivité, la domination, la jalousie dans tous nos rapports, et c'est elle qui pro­voque la violence. Comme on peut l'observer dans les villes surpeuplées avec leur explosion démographique, il y a une grande insécurité, une grande incertitude, une grande anxiété. C'est là en partie ce qui pousse à la violence. Pourrons-nous nous en affranchir de façon à quitter cette salle et à en sortir sans que subsiste cette ombre, cette obscurité qui accompagne la peur?


Pour la comprendre, il nous faut examiner non seule­ment les peurs physiques mais encore le vaste enchevê­trement des peurs psychologiques. C'est un point que nous allons pouvoir approfondir quelque peu. Notre question est: comment la peur surgit-elle? Qu'est-ce qui l'entretient, qui la prolonge, et est-il possible d'y mettre fin? Les anxiétés physiques sont assez faciles à com­prendre. Il y a une réaction immédiate à un danger physique et cette réaction est due à de nombreux siècles de conditionnement, parce que sans cela il n'y aurait aucune survie physique, la vie aurait pris fin. Physique­ment il faut survivre et une tradition millénaire nous dit « attention », la mémoire dit « attention il y a danger, agissez tout de suite». Mais cette réaction visible au danger est-elle vraiment de la peur?

Je vous en prie, suivez tout ceci soigneusement parce que, bien que nous ayons à approfondir quelque chose d'assez simple mais qui est tout de même suffisamment compliqué, si vous n'y prêtez pas votre attention toute entière nous n'allons pas comprendre. Nous demandons si cette réaction physique, sensorielle au danger, qui pousse à une action immédiate, si c'est de la peur? N'est-ce pas plutôt de l'intelligence et par conséquent cela n'est pas de la peur? Or, l'intelligence est-elle une affaire de tradition et de mémoire? Et si oui, pourquoi n'agit-elle pas d'une façon complète, comme elle le devrait, dans le champ psychologique où nous sommes si affreusement terrifiés par tant de choses? Pourquoi cette même intelligence qui agit lors de l'observation du danger physique, n'agit-elle plus quand nos angoisses sont psychologiques? Cette intelligence physique n'est-­elle pas applicable à la nature psychologique de l'homme? Autrement dit, il y a des peurs de diverses sortes que nous connaissons tous - peur de la mort, de l'obscurité, de ce que pourrait dire notre mari ou notre femme, ou ce que peut penser le voisin ou le patron - tout un enchevêtrement d'angoisses.


J.Krishnamurti : Le vol de l’aigle.

Chapitre 5 ; Pourquoi ne pouvons-nous pas vivre dans la paix ?

(Amsterdam, 10 mai 1969) Pages 96 à 111.

Edition Delachaux et Niestlé 1971, 1978.

http://www.paul-pujol.net/pages/Pourquoi_ne_pouvonsnous_pas_vivre_dans_la_paix_Extrait_12-2999163.html

c'est vraiment l'auteur qui me le plus fait réfléchir et avancer...vers plus de compréhension et qui sait vers la paix.

Bon dimanche


flower

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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Mar 14 Juin 2011 - 11:22

vidéos Krishnamurti:

se libérer du conditionnement:
http://www.dailymotion.com/video/x4py9c_krishnamurti-se-liberer-du-conditio_news

quand je regarde ma vie, mes conditionnements...., je me dis que le plus "beau" cadeau que l'on puisse se faire (p'être une croyance encore ?) serait de se donner la possibilité de se libérer de tout ce que l'on a emmagasiner durant notre vie ? finalement, ce serait bien la seule chose qui serait éternelle, en comparaison aux choses matérielles, à nos croyances...car finalement on n'emporte rien de tout ça. et souvent à la fin de la vie, on se demande qu'ai-je fait ? ai-je aimé vraiment ? ai-je partagé ? compris mes proches de manière profonde ?

Rolling Eyes

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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Mer 22 Juin 2011 - 7:40

un blog avec plein de textes de Krishnamurti:

http://lapenseedekrishnamurti.midiblogs.com/

I love you

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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Mer 22 Juin 2011 - 8:48

Merci Pour ce partage
bisous I love you
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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Dim 26 Juin 2011 - 17:05

La violence - Se libérer de la violence.

"Êtes-vous donc capables de voir en la violence un fait – un fait non seulement extérieur à vous-même, mais également présent en vous – sans laisser d'intervalle de temps entre l'instant où vous écoutez et celui où vous agissez ?

Cela signifie que par l'acte même d'écouter vous vous libérez de la violence.

Vous êtes totalement libéré de toute violence parce que vous n'avez pas donné libre accès au temps, à l'idéologie d'un temps qui serait susceptible de vous débarrasser à la longue de la violence.

Cela exige de nous une méditation très profonde, pas un simple accord ou désaccord verbal.

Jamais nous n'écoutons : notre esprit, les cellules de notre cerveau, sont tellement conditionnés aux idéologies sur la violence que nous ne regardons jamais la violence en tant que fait.

Nous avons sur le fait de la violence un regard qui passe par une idéologie, et regarder la violence à travers le prisme d'une idéologie crée un intervalle de temps.

Et quand vous donnez libre accès au temps, la violence n'a plus de cesse : vous continuez à faire preuve de violence, tout en prêchant la non-violence."






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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Mar 28 Juin 2011 - 4:18

"Il y a relation entre deux images.

Pourquoi, malgré les millions d’années de son existence sur terre, l’être humain – nous – s’est-il montré incapable de résoudre ce problème de relation ? Est-ce parce que, chacun ayant sa propre image composée par la pensée, nos rapports sont fondés sur deux images, celle que l’homme se crée de la femme et celle que la femme se crée de l’homme ? Ainsi, dans cette relation, nos sommes deux images vivant en couple. C’est un fait. Si vous vous observez de tout près, si je puis vous le faire remarquer, vous vous êtes fabriqué une image d’elle et elle a fabriqué une image, une structure verbale, de vous. Donc il y a relation entre ces deux images. Ces images ont été composées par la pensée. Et la pensée n’est pas l’amour."


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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Sam 2 Juil 2011 - 10:42

"Très peu d'entre nous connaissent la joie.
Le spectacle d'un coucher de soleil, de la pleine lune, d'un être splendide, d'un bel arbre, d'un oiseau en vol, de danseurs, nous réjouit à peine.
... En fait, rien ne nous procure aucune joie.

Nous sommes des spectateurs que les choses amusent ou excitent superficiellement, nous éprouvons une sensation que nous appelons la joie.
Mais la joie, c'est une chose bien plus profonde, qui doit être comprise et approfondie.

À mesure que nous vieillissons, même si nous avons encore envie de jouir des choses, l'élan n'est plus le même ; nous voulons goûter à des sensations d'un autre type : les passions, le désir, le pouvoir, la position sociale.
Ce sont des choses de la vie tout à fait normales, même si elles restent superficielles ; il ne faut ni les condamner, ni les justifier, mais les comprendre et leur accorder leur juste place.

Si vous les condamnez comme étant des choses sans valeur, tapageuses, stupides ou antispirituelles, vous anéantissez tout le mécanisme de la vie.
Pour savoir ce qu'est la joie, il faut creuser bien plus profond.
La joie n'est pas une simple sensation.

Elle exige un extraordinaire raffinement d'esprit, mais pas le raffinement de l'ego cherchant à amasser de plus en plus pour son propre profit.

Un tel ego, un homme comme celui-là ne pourra jamais comprendre cet état de joie, cette jouissance sans jouisseur.

Il nous faut comprendre cette chose extraordinaire ; sinon, la vie devient petite, mesquine, superficielle – elle se réduit à naître, à apprendre quelques petites choses, à avoir des responsabilités, à gagner de l'argent, à s'offrir quelques divertissements intellectuels – puis à mourir."

- Jiddu Krishnamurti -

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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Mer 13 Juil 2011 - 10:34

"Ce qui est neuf devient vieux dès que la pensée le touche. C’est en puisant aux sources de ce silence qu’il faut regarder et parler. L’anonymat véritable est issu du silence; nulle autre humilité n ’existe.

Les vaniteux seront toujours des vaniteux, même s ’ils se drapent dans l’humilité,ce qui fait d’eux des êtres durs et cassants. Jailli de ce silence, le mot amour prend un tout autre sens.Ce silence n’est pas là-bas quelque part: il est là où n ’est point le bruit que fait l’observateur absolu."




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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Ven 15 Juil 2011 - 7:15

"Eprouver ce mécontentement total, mais dans la joie - comprenez-vous ?

La créativité ne consiste pas simplement à peindre des tableaux, et à écrire des poèmes - ce qui est bien, mais reste minime en soi. L’important est d’être mécontent de fond en comble car ce mécontentement global est le début de l’initiative qui devient créative à mesure qu’elle mûrit ; et c’est la seule manière de découvrir ce qu’est la vérité, ce qu’est Dieu, car Dieu n’est autre que l’état créatif.

Il faut donc éprouver ce mécontentement total, mais dans la joie - comprenez-vous ? Il faut être complètement mécontent, sans se plaindre, mais avec joie, avec gaieté, avec amour. La plupart des mécontents sont mortellement ennuyeux : ils se plaignent sans cesse du manque de justesse de telle ou telle chose, ou bien ils souhaiteraient avoir une meilleure situation, ou bien ils voudraient que les circonstances soient autres, car leur mécontentement reste très superficiel. Quant à ceux qui ne sont pas du tout mécontents, ils sont déjà morts."

http://www.krishnamurti-france.org/Eprouver-ce-mecontentement-total

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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Dim 17 Juil 2011 - 19:07

L’amour ne recherche pas une position sociale, du prestige, du pouvoir. Mais il a sa propre capacité, sa propre habileté et sa propre intelligence:

"Je me demande si vous aimez. Aimez-vous ? Votre femme, vos enfants, ce que l’on appelle votre pays ? Aimez-vous la terre, la beauté d’un arbre, la beauté d’une personne ? Ou bien êtes-vous si terriblement centré sur vous-même que vous n’avez aucune perception de quoi que ce soit.

L’amour apporte la compassion. La compassion ne s’occupe pas d’assistance sociale. La compassion a sa propre intelligence. Mais, vous ne connaissez rien à tout cela.

Tout ce que vous connaissez ce sont vos désirs, vos ambitions, vos déceptions, votre malhonnêteté. Quand on vous pose des questions très profondes, qui vous remuent, vous devenez négligent. Quand je vous pose une question comme celle-là : « aimez-vous quelqu’un ? » vos visages sont vides. Et c’est le résultat de votre religion, de votre dévotion à vos gourous absurdes, de votre attachement envers vos dirigeants ce n’est pas de l’attachement, vous avez peur et par conséquent vous suivez.

Après tous ces millénaires, vous êtes ce que vous êtes maintenant, pensez à cette tragédie ! C’est votre tragédie, vous comprenez ? Donc demandez-vous, si l’on peut vous le suggérer, en marchant avec vous sur ce chemin, comme un ami : « Savez-vous ce que signifie l’amour ? »

L’amour qui ne demande rien à un autre. Posez-vous la question. Il ne demande rien à votre femme, à votre mari rien n’est demandé à un autre, ni physiquement, ni émotionnellement, ni intellectuellement. Ne pas suivre un autre, ne pas avoir de concept et suivre ce concept. Car l’amour n’est pas la jalousie, l’amour n’a aucun pouvoir, dans le sens courant de ce mot. L’amour ne recherche pas une position sociale, du prestige, du pouvoir. Mais il a sa propre capacité, sa propre habileté et sa propre intelligence."

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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Lun 18 Juil 2011 - 18:55

La mutation et le changement:

"Après tout, vous êtes tous ici avec le désir de découvrir quelque chose, n'est-ce pas ? Que cherchez-vous et pourquoi cherchez-vous ? Si vous y réfléchissez profondément, vous découvrirez que vous êtes insatisfaits des choses telles qu'elles sont et que vous désirez quelque chose de nouveau. Et cet élément nouveau doit toujours être agréable, réconfortant, rassurant, stable. Les personnes soi-disant religieuses cherchent Dieu. C'est du moins ce qu'elles disent. Mais le fait que vous cherchez implique quelque chose que vous avez perdu, ou que vous avez connu, et que vous désirez retrouver. Comment pourriez-vous chercher Dieu ? Vous ne connaissez rien au sujet de Dieu, excepté ce qu'on vous en a dit — ce qui est de la propagande. L'Église se lance dans la propagande, et les communistes également. Mais vous ne savez rien au sujet de Dieu, et, pour découvrir ce qu'il est, il vous faut d'abord rejeter, écarter toutes les formes de propagande, tous les tours auxquels les Églises et les autres organisations se sont livrées.

Pour qu'une complète mutation puisse survenir dans la conscience, vous devez donc rejeter toute analyse ainsi que toute recherche, et n'être plus sous aucune influence ; ce qui est immensément difficile. L'esprit, voyant ce qui est faux, l'écarte complètement, sans savoir ce qui est vrai. Si vous saviez déjà ce qui est vrai, vous ne feriez qu'échanger ce que vous estimez faux contre ce que vous croyez être vrai. Il n'y a pas renoncement si vous savez ce que vous allez obtenir en retour. Il n'y a renoncement que si vous abandonnez quelque chose sans savoir ce qui arrivera. Cet état de négation est absolument nécessaire. Je vous en prie, suivez cela attentivement car, si vous êtes allé jusque-là, vous verrez que, dans l'état de négation, vous découvrirez ce qui est vrai. La négation, en effet, consiste à vider la conscience du connu.

Après tout, la conscience est basée sur le savoir, sur l'expérience, sur l'héritage racial, sur la mémoire, sur les choses par lesquelles on a passé. Les expériences sont toujours du passé, lequel agit sur le présent, se trouve modifié par lui et se prolonge dans le futur. Tout cela est la conscience, ce vaste entrepôt des siècles. Elle n'est utile qu'en ce qui concerne l'aspect mécanique de l'existence. Il serait absurde de rejeter tout le savoir scientifique acquis au cours d'un long passé. Mais, pour amener une mutation dans la conscience, une révolution dans sa structure totale, un vide complet est nécessaire. Et ce vide n'est possible que s'il y a découverte, vision réelle, de ce qui est faux. Alors vous verrez, si vous êtes allé jusque-là, que l'apparition du vide a déjà produit une complète révolution dans la conscience : cette révolution s'est opérée.

Vous savez, tant d'entre nous ont la peur, l'effroi, d'être seuls. Nous désirons toujours une main que nous puissions serrer, une idée à laquelle nous puissions nous accrocher, un Dieu que nous puissions adorer. Nous ne sommes jamais seuls. Dans notre chambre, dans un autobus, nous sommes en compagnie de nos pensées, de nos occupations ; et, quand nous sommes avec d'autres gens, nous nous adaptons au groupe, à nos compagnons.

En vérité, nous ne sommes jamais seuls, et, pour la plupart des personnes, la pensée même qu'elles pourraient être seules est effrayante. Mais seul l'esprit, le cerveau qui est complètement seul, vide de toute demande, de toute forme d'adaptation, de toute influence, complètement vide, seul un tel esprit peut découvrir que cette vacuité même est mutation. Je vous assure que toute chose est née de cette vacuité ; tout ce qui est neuf sort de ce sens du vide, vaste, immesurable, insondable. Cela n'est pas du romantisme, ce n'est pas une idée, une image, une illusion. Quand vous rejetez le faux complètement, sans savoir ce qui est vrai, alors il se produit une mutation dans la conscience, une révolution, une transformation totale.

Peut-être n'y a-t-il plus alors de conscience, telle que nous la connaissons, mais quelque chose d'entièrement différent. Et cette conscience, cet état, peut cependant vivre en ce monde parce qu'il n'implique pas le rejet du savoir mécanique. Donc, si vous y avez pénétré : il est là.

Mais la plupart d'entre nous désirent un changement qui n'est qu'une continuité modifiée. Il n'y a rien de nouveau en cela. Il n'y a pas en cela un esprit frais, un esprit jeune. Et seul, un esprit frais, innocent, jeune, peut découvrir ce qui est vrai. C'est à un tel esprit, qui est libre du connu, que peut venir ce qui n'a pas de nom, l'inconnaissable."

http://nous-les-dieux.org/Krishnamurti/1960's/Paris_1961/Jiddu_Krishnamurti_1961_Paris_06

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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Mar 19 Juil 2011 - 17:57

« Le bonheur ne vient pas lorsqu’on le recherche – là est le plus grand secret – mais c’est facile à dire… Je peux expliquer les choses en quelques mots très simples, mais vous contenter de m’écouter et de répéter ce que vous avez entendu ne va pas vous rendre heureux.

Le bonheur est étrange, il vient sans qu’on le recherche. Lorsque v...ous ne faites pas d’efforts pour être heureux, alors, mystérieusement, sans qu’on s’y attende, le bonheur est là, né de la pureté, de la beauté qu’il y a dans le simple fait d’être. Mais cela exige énormément de compréhension – c’est autre chose que de faire partie d’une organisation ou de vouloir devenir quelqu’un.

La vérité naît lorsque votre esprit et votre cœur sont exempts de toute sensation d’effort et que nous n’essayez pas de devenir quelqu’un ; la vérité est là lorsque l’esprit est très silencieux, qu’il écoute à l’infini tout ce qui se passe. Vous pouvez écouter les mots prononcés ici, mais pour que le bonheur soit, vous devez découvrir comment libérer l’esprit de toute peur.

Tant que vous avez peur de quelqu’un ou de quelque chose, le bonheur est exclu. Tant que vous avez peur de vos parents, de l’échec aux examens, peur de ne pas progresser, de ne pas être plus proche du maître, plus près de la vérité, peur du désaveu, du manque de sollicitude – le bonheur est exclu.

Mais si vous n’avez vraiment peur de rien, alors vous découvrirez un beau matin au réveil, ou au cours d’une promenade solitaire, que soudain quelque chose d’étrange se produit : sans qu’on l’ai cherché, ni sollicité, ni appelé de ses vœux, ce qu’on peut appeler l’amour, la vérité, le bonheur est là soudain. »

I love you

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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Jeu 21 Juil 2011 - 18:15

" Pour voir ensemble, c'est-à-dire partager, il faut que nous puissions voir to...us deux - il ne s'agit pas d'être d'accord ou non, mais de voir ensemble ce qu'il en est de la réalité des faits.

Ne pas l'interpréter en fonctions de mon conditionnement ou du vôtre, mais voir ensemble ce qui est.

Et pour voir ensemble, il nous faut être libre d'observer, libres d'écouter. Et cela veut dire, être sans préjugé. C'est alors seulement, avec cette qualité d'Amour, qu'il y a partage.

Ce n'est qu'une fois écarté tout ce qui est lié à l'esprit, une fois le coeur vidé de toute notion liée à la pensée, qu'advient l'Amour.

Vous saurez alors ce que c'est que d'Aimer hors de toute séparation, de toute distance, hors du temps, hors de toute crainte - et cela n'est pas réservé à quelques privilégiés.

Il n'y a pas de hiérarchie dans l'Amour : il y a l'Amour, et c'est tout.

Lorsqu'on Aime, il n'y a plus ni "toi" ni "moi". Dans cet état, il n'y a qu'une flamme sans fumée. "


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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Dim 24 Juil 2011 - 17:14

Les blessures - L'éventualité de la douleur exclut l'amour.

"Celui qui s'interroge veut savoir comment il peut agir librement, sans autocensure, alors qu'il sait que son action va inévitablement heurter ceux qu'il aime.
Aimer, en réalité, c'est être ...libre – les deux partenaires sont libres.
Si la douleur est possible, si une éventuelle souffrance est envisageable dans l'amour, ce n'est pas l'amour, ce n'est qu'une forme subtile de possession, de mainmise.

Si vous aimez quelqu'un, si vous l'aimez vraiment, il est tout à fait exclu que vous puissiez le blesser en faisant une chose que vous estimez juste.
Ce n'est que lorsque vous voulez que l'autre agisse à votre guise ou qu'il veut que vous agissiez à sa guise qu'il y a souffrance.

Autrement dit, vous avez envie qu'on vous possède ; vous vous sentez rassuré, sécurisé, à l'aise ; tout en sachant que cette sécurité n'est qu'éphémère, vous vous abritez dans cette situation confortable et transitoire.

Donc, tous les efforts que l'on déploie dans le but d'être rassuré, encouragé, ne font en réalité que trahir une absence de richesse intérieure ; donc tout acte qui tient l'autre à distance, à l'écart, suscite naturellement le désordre, la douleur et la souffrance ; et l'un des deux partenaires, pour s'adapter à l'autre, doit refouler ce qu'il ressent vraiment. Autrement dit, cette répression permanente, dictée par un prétendu amour, détruit les deux partenaires.

Dans ce type d'amour il n'y a pas de liberté ; ce n'est qu'un asservissement subtil."

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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Lun 25 Juil 2011 - 18:07

une vidéo bien d'actualité, la fin de la souffrance...

http://www.infox.fr/2009/11/jiddu-krishnamurti-a-la-fin-de-la-douleur-est-la-passion/

"vous êtes le monde, et le monde est vous"

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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Mer 27 Juil 2011 - 16:46

mieux comprendre la mort...

" (...) Les enfants sont doués d'une extraordinaire curiosité. Si vous comprenez la nature de la mort, vous n'aurez pas à indiquer que tout meurt, que la poussière retourne à la poussière, mais, sans aucune peur, vous leur expliquerez doucement la mort. Vous leur ferez sentir que vivre et mourir ne font qu'un, ne sont qu'un seul mouvement qui ne commence pas à la fin de la vie après cinquante, soixante ou quatre-vingt-dix ans, mais que la mort est comme cette feuille.

Voyez les hommes et les femmes âgés, comme ils sont décrépits, perdus, malheureux, comme ils sont laids. Serait-ce qu'ils n'ont pas compris ce que signifie vivre ou mourir ? Ils ont utilisé la vie, s'en sont servis, l'ont gaspillée dans le conflit sans fin qui ne fait qu'exercer et fortifier la personne, le moi, l'ego. Nous passons nos jours en conflits et malheurs de toutes sortes, parsemés d'un peu de joie et de plaisir, mangeant, buvant, fumant, dans les veilles et le travail incessant. Et, à la fin de notre vie, nous nous trouvons face à cette chose qu'on appelle la mort et dont on a peur. Et l'on pense qu'elle pourra toujours être comprise et ressentie en profondeur. L'enfant, avec sa curiosité, peut être amené à comprendre que la mort n'est pas seulement l'usure du corps par l'âge, la maladie, ou quelque accident inattendu, mais que la fin de chaque jour est aussi la fin de soi-même.

Il n'y a pas de résurrection, c'est là une superstition, une croyance dogmatique. Tout ce qui existe sur terre, sur cette merveilleuse terre, vit, meurt, prend forme, puis se fane et disparaît. Il faut de l'intelligence pour saisir tout ce mouvement de la vie, et ce n'est pas l'intelligence de la pensée, des livres ou du savoir, mais l'intelligence de l'amour, de la compassion avec sa sensibilité. Nous sommes tout à fait certains que si l'éducateur comprend la signification de la mort et sa dignité, l'extraordinaire simplicité de mourir — s'il la comprend, non pas intellectuellement mais en profondeur — il parviendra alors à faire saisir à l'étudiant ou à l'enfant que mourir, finir, n'a pas à être évité car cela fait partie de notre vie entière. Ainsi, quand l'étudiant ou l'enfant grandira, il n'aura jamais peur de sa fin. Si tous les humains qui nous ont précédés, de génération en génération, vivaient encore sur cette terre, ce serait terrible. Le commencement n'est pas la fin.

Et nous voudrions aider — non, ce n'est pas le mot juste — nous aimerions, dans l'éducation, donner à la mort une certaine réalité factuelle, non pas la mort d'un autre, mais la nôtre. Jeunes ou vieux, nous devrons inévitablement lui faire face. Ce n'est pas une chose triste, faite de larmes, de solitude, de séparation. Nous tuons si facilement, non seulement les animaux destinés à notre alimentation, mais encore ceux que nous massacrons inutilement, par divertissement — on appelle cela un sport. Tuer un cerf, parce que c'est la saison, équivaut à tuer son voisin. On tue les animaux parce que l'on a perdu contact avec la nature, avec les créatures qui vivent sur cette terre. On tue à la guerre au nom de tant d'idéologies romantiques, nationalistes ou politiques. Nous avons tué des hommes au nom de Dieu. La violence et la tuerie vont de pair

Et devant cette feuille morte dans toute sa beauté, sa couleur, peut-être pourrions-nous être conscients au plus profond de nous-mêmes, saisir ce que doit être notre propre mort, non pas à la fin ultime, mais au tout début de notre vie. La mort n'est pas une chose horrible, une chose à éviter, à différer, mais plutôt une compagne de chaque jour. De cette perception naît un immense sens de l'immensité."


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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Lun 1 Aoû 2011 - 20:26

"Est-il possible que l'esprit de l'homme ne soit jamais blessé, jamais atteint ?
Ne pas être blessé, c'est être innocent .

Si personne ne vous fait de mal, très naturellement vous n'en ferez pas à autrui .
Cela est-il possible ?

...La civilisation dans laquelle nous vivons laisse des plaies vives dans le coeur et l'esprit .
Le bruit et la pollution, l'agressivité et la rivalité,la violence et l'éducation, tous ces fléaux et bien d'autres sont des facteurs de souffrance.
Or, il nous faut bien , pourtant, vivre dans ce monde de brutalité et d'opposition :nous sommes ce monde et ce monde est nous .

Qu'est-ce qui en nous est blessé ?
C'est l'mage que chacun de nous a édifiée de lui-même .
Curieusement ces images sont identiques dans le monde entier, à quelques modifications près .

L'image que vous avez de vous-même est semblable, dans son essence à celle de l'homme vivant à des milliers de kilomètres de là .
Vous êtes donc cet homme ou cette femme .

Vos blessures sont celles de milliers d'êtres : vous êtes l'autre .

Est-il possible de ne jamais être blessé ?
Là où est une plaie n'est pas l'amour .
Si existe une blessure , c'est que l'amour est un simple plaisir .

Lorsque vous découvrez par vous-même combien il est merveilleux de ne pas se sentir blessé , alors seulement les traces des blessures passées disparaissent .

Dans la plénitude du présent , le passé n'est plus un fardeau .

Il ne s'était jamais senti offensé, blessé,bien qu'il ait connu flatteries, et insultes , menaces et sécurité .

Ce n'est pas qu'il ait été insensible , inconscient , mais il n'avait jamais élaboré aucune image de lui-même, ne tirait pas de conclusion et n'adhérait à aucune idéologie .

L'image permet la résistance et lorsqu'elle n'existe plus , la vulnérabilité se fait jour , exempte de blessure.

On ne peut décider de devenir vulnérable , ou de cultiver sa sensibilité , car on ne fait alors que chercher et découvrir une autre forme de cette même image .

Il s'agit de comprendre ce mouvement dans sa totalité , et non point seulement au niveau intellectuel , mais de façon pénétrante, lucide et directe .

Prenez conscience de cette structure dans son entier, sans la moindre réserve .
On ne peut éviter d'élaborer des images qu'en percevant la réalité de ce processus, dans toute sa vérité .>>

Jiddu Krisnamurti -Journal
Ed.Buchet-Chastel .

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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Mer 3 Aoû 2011 - 16:49

"La vérité est toujours neuve : la vérité, c'est voir le même sourire comme un sourire neuf, voir la même personne d'un regard toujours neuf, voir les palmiers qui se balancent – voir la vie – comme pour la première fois."

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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Ven 5 Aoû 2011 - 18:15

J'ai bien aimé ce passage..

"Nous sommes les choses que nous possédons, nous sommes ce à quoi nous tenons. Il n'y a aucune noblesse dans l'attachement. L'attachement à la culture, au savoir, n'est pas différent des autres formes de penchants agréables.

L'attachement fait que le moi s'absorbe en lui-même, que ce soit aux niveaux les plus bas ou les plus élevés. L'attachement est l'illusion du moi, une tentative pour fuir le vide du moi. Les choses auxquelles nous sommes attachés - biens, personnes, idées - prennent une importance capitale, car privé de tout ce qui emplit son vide, le moi n'existe pas.

La peur de ne pas être nous pousse à posséder ; et la peur engendre l'illusion, l'asservissement aux conclusions. Les conclusions, matérielles ou imaginaires, empêchent l'intelligence de parvenir à maturité, à cette liberté sans laquelle la réalité ne peut pas se faire jour ; et sans cette liberté, l'habileté est prise pour de l'intelligence.

Les voies de l'habileté sont toujours complexes et destructrices. C'est cette habileté, armure protectrice du moi, qui conduit à l'attachement ; et lorsque l'attachement cause de la souffrance, c'est cette même habileté qui recherche le détachement et jouit de l'orgueil et de la vanité de la renonciation. La compréhension des voies de l'habileté, les voies du moi, est le commencement de l'intelligence."

http://nous-les-dieux.org/Krishnamurti/Commentaires_sur_la_vie/Commentaires_sur_la_vie_-_tome_1/1956-00-00_Commentaires_sur_la_vie_-_tome_i_chapitre_45_%27la_vie_dans_une_ville%27

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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Sam 13 Aoû 2011 - 8:10

« L’amour n’est pas le désir, l’amour n’est pas la possession, l’amour n’est pas une activité égoïste, égocentrique - moi d’abord et toi après. Mais apparemment, cet amour n’a pas de signification pour la plupart des gens. Ils peuvent écrire des livres sur ce sujet, mais cela n’a pas de sens, alors ils essayent d’inventer cette qualité, ce parfum, ce feu, cette compassion. (...)

La compassion a sa propre intelligence, qui est l’intelligence suprême. Quand il y a cette intelligence née de la compassion, de l’amour, alors tous ces problèmes sont résolus simplement, tranquillement mais nous ne la poursuivons jamais jusqu’à son terme. Nous pouvons la poursuivre intellectuellement, verbalement, mais si vous le faites avec votre coeur, avec votre esprit, avec votre passion, alors la terre restera belle. »

http://jiddu-krishnamurti.e-monsite.com/categorie,l-amour,4689459.html

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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Dim 14 Aoû 2011 - 7:15

Je viens de finir les commentaires sur la vie...très accessibles et traitant de divers sujets de ce monde...un qui a retenu mon attention, une belle image que cette flamme et la fumée:


La flamme et la fumée

Le sacrifice de soiIl avait fait chaud tout le jour, et il était pénible d'être dehors. Le reflet de la route et de l'eau, déjà dur et pénétrant, était rendu plus intense par la blancheur des maisons ; et la terre qui avait été verte était maintenant rousse et desséchée. De nombreux mois devaient encore s'écouler avant les pluies. Le petit cours d'eau était à sec et réduit à un ruban de sable. Quelques bêtes étaient couchées à l'ombre des arbres, et le garçon qui les gardait était assis à l'écart, lançait des pierres et chantait dans sa solitude. Le village était à plusieurs kilomètres de là, et il était tout seul ; il était maigre et on voyait qu'il ne mangeait pas à sa faim, mais il était de bonne humeur, et son chant n'était pas trop triste.

Derrière la colline était la maison, et nous y arrivâmes comme le soleil déclinait. De la terrasse on pouvait voir la cime des palmiers qui s'étendaient en une seule vague verte jusqu'au sable jaune. Les palmiers jetaient une ombre jaune, et par delà les sables dorés c'était la mer d'un beau gris-vert. Sur la plage, c'était un déferlement très doux de petites vagues blanches, mais au large les eaux étaient calmes et profondes.

Dans le ciel, au-dessus de la mer, les nuages se teintaient, bien que le soleil fût très loin d'eux. L'étoile du soir commençait à briller. Une petite brise fraîche s'était levée, mais la terrasse était encore chaude. Un petit groupe de personnes s'était rassemblé, et elles devaient être là depuis un certain temps déjà.

« — Je suis mariée et mère de plusieurs enfants, mais je n'ai jamais aimé. Je commence à me demander si cela existe. Nous connaissons des sensations, des passions, des excitations et des plaisirs agréables, mais je me demande si nous connaissons l'amour. Nous disons souvent que nous aimons, mais il y a toujours un certain refus. Physiquement nous ne nous refusons pas, nous pouvons même nous donner entièrement au début ; mais là encore il y a aussitôt quelque chose qui se rétracte en nous. L'acte de donner est un don des sens, mais ce qui seul peut donner n'est pas éveillé, est loin.

Nous rencontrons et nous nous perdons dans la fumée, mais ce n'est pas la flamme. Pourquoi n'avons-nous pas la flamme? Pourquoi la flamme ne brûle-t-elle pas sans fumée? Je me demande si nous sommes devenus trop intelligents, trop cultivés pour avoir ce parfum. Je suppose que j'ai trop lu, que je suis trop moderne et stupidement superficielle. En dépit de toutes les conversations intelligentes, je crois que je suis en réalité très bête. »

Mais est-ce une question de bêtise? L'amour est-il le merveilleux idéal, l'inaccessible que l'on ne peut atteindre que si les conditions sont remplies? A-t-on le temps de remplir toutes les conditions?

Nous parlons de beauté, nous faisons des livres, des tableaux qui ont la beauté pour sujet, nous dansons, nous prêchons la beauté, mais nous ne sommes pas beaux et nous ne connaissons pas l'amour. Nous ne connaissons que les mots.

Être ouvert et vulnérable, c'est être sensible ; là où il y a refus, rétractation, il y a insensibilité. Le vulnérable est l'incertain, ce qui n'a pas de certitudes, ce qui est libre de tout lendemain ; l'ouvert est l'implicite, l'inconnu. Ce qui est ouvert et vulnérable est beau ; ce qui est enfermé est bête et insensible. La bêtise, comme l'intelligence, est une forme d'autodéfense.

Nous ouvrons cette porte, mais nous gardons celle-là fermée, car nous voulons sentir la brise fraîche seulement dans certaines conditions, par une ouverture particulière. Nous n'allons jamais dehors, et nous n'ouvrons jamais toutes les portes et toutes les fenêtres à la fois. La sensibilité n'est pas une chose qui peut s'obtenir à la longue ; la sensibilité n'appartient pas au temps. Le terne ne peut pas devenir sensible ; le terne est toujours terne, l'idiot est toujours idiot. La stupidité ne peut pas devenir intelligente. Essayer de devenir intelligent est stupide. C'est là une de nos difficultés, n'est-ce pas? Nous essayons sans cesse de devenir quelque chose - et la bêtise est toujours là.

« — Alors que faut-il faire? »

Ne faites rien, mais soyez ce que vous êtes, insensible. Faire, c'est fuir ce qui est, et fuir ce qui est est la forme la plus grossière de la stupidité. Quoi qu'elle fasse, la stupidité est toujours la stupidité. L'insensible ne peut pas devenir sensible ; tout ce qu'il peut faire c'est prendre conscience de ce qu'il est, laisser ouvert le livre de ce qu'il est. Ne contrecarrez pas l'insensibilité, car ce qui contrecarre, ce qui s'oppose est l'insensibilité, le stupide. Écoutez, et il vous racontera votre histoire ; ne traduisez pas, n'agissez pas, mais écoutez sans interrompre et sans interpréter jusqu'à la fin de l'histoire. Alors seulement il y aura l'action. Ce que l'on doit faire n'a pas d'importance, ce qui importe c'est écouter.

Pour donner, il faut qu'il y ait l'inépuisable. Retirer ce que l'on a donné est la peur de la fin, et ce n'est que dans la fin qu'il y a l'inépuisable. Le don n'est pas une fin. Le don vient du beaucoup 0u du peu ; et le beaucoup et le peu est le limité, la fumée, le donner et le prendre. La fumée est le désir sous sa forme de jalousie, de colère, de déception ; la fumée est la peur du temps ; la fumée est mémoire, expérience. Il n'y a pas don, mais seulement extension de la fumée. Le retrait est inévitable, car il n'y a rien à donner. Partager n'est pas donner ; avoir conscience de partager ou de donner, c'est mettre fin à la communion. La fumée n'est pas la flamme, mais nous la prenons pour la flamme.

Ayez conscience de la fumée, de ce qui est, sans souffler sur la fumée pour voir la flamme.

« — Est-il possible d'avoir cette flamme, ou bien est-elle réservée à un petit nombre? »

Qu'importe que cette flamme soit pour un petit nombre ou pour la multitude ; la question n'est pas là. Si nous suivons cette voie, nous n'arriverons qu'à l'ignorance et à l'illusion. C'est la flamme qui nous occupe. Pouvez-vous avoir cette flamme, cette flamme sans fumée? Cherchez et vous trouverez peut-être ; observez la fumée en silence, patiemment. Vous ne pouvez pas dissiper la fumée, car vous êtes la fumée. Quand la fumée s'en va, la flamme vient. Cette flamme est inépuisable. Tout a un commencement et une fin, tout s'épuise, s'use et meurt. Lorsque le cœur est vide de toutes les choses de l'esprit, et lorsque l'esprit est vide de pensée, alors il y a l'amour. Ce qui est vide est inépuisable.

Il n'y a pas lutte entre la fumée et la flamme, mais entre les différentes réponses à l'intérieur de la fumée. La flamme et la fumée ne peuvent jamais être en conflit. Pour être en conflit, il faut une relation ; et comment pourrait-il y avoir relation entre la fumée et la flamme? L'une est lorsque l'autre n'est pas.

Extrait du livre :
CSV Tome 1, note 64 'La flamme et la fumée'

bon dimanche

sunny




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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Mer 17 Aoû 2011 - 9:41

"Ne pas enregistrer l’insulte ou la flatterie.

Est-il possible de ne pas enregistrer cette blessure au moment précis ou je me fais traiter d’idiot ? De ne pas enregistrer la blessure, mais la flatterie non plus ? Est-il possible de n’enregistrer ni l’une ni l’autre ? Le cerveau est dressé à enregistrer, cela lui procure sécurité, tranquillité, l’impression d’être en vie; en enregistrant, l’esprit construit l’image de soi. Et cette image sera blessée sans arrêt.

Est-il possible de vivre sans une seule image de moi-même, ou de mon mari, de ma femme, de mes enfants, de mon entreprise, ou bien des hommes politiques, des prêtres, ou encore d’un idéal – pas le moindre semblant d’image ?

C’est possible, et faute de le découvrir vous serez toujours blessé, vous vivrez toujours dans un système privé de liberté. Lorsque vous êtes totalement attentif, l’enregistrement n’a pas lieu. Ce n’est que dans l’inattention que j’enregistre. Exemple : vous me flattez, cela me plaît; que cela me plaise est de l‘inattention, donc l’enregistrement se déclenche. Mais, quand vous me flattez, si j’écoute totalement sans aucune réaction, il n’y a pas de centre pour enregistrer."


‎"Quand vous observez le fait réel de ce que vous êtes, rien ne peut vous blesser. Mais nous vivons toujours dans un monde idéal, un monde de mythes, et jamais dans le monde de la réalité. Pour observer ce qui est, pour le voir, être réellement familier avec cela, il ne doit y avoir aucun jugement, aucune évaluation, aucune opinion, aucune peur."

purée fait trop chaud pour cogiter...un temps à se baigner Wink


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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Mer 17 Aoû 2011 - 17:12

Pour transformer le monde nous devons commencer par nous-mêmes ; et dès lors ce qui importe, c’est l’intention.



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MessageSujet: Re: Krishnamurti, son oeuvre...   Lun 5 Sep 2011 - 15:57

Le mariage est-il un besoin ou un plaisir ?

Examinons ce problème, cette question. Pourquoi nous marions-nous ? D'abord, évidement, à cause d'une nécessité biologique, l'appétence sexuelle que la société a légalisée par le mariage. La société veut protéger les enfants et qu'ils ne soient pas illégitimes, car elle considère les enfants illégitimes avec horreur. Ainsi le mariage est légalisé. Mais cela n'est certes pas la seule raison pour laquelle nous nous marions. Nous nous marions à cause d'exigences psychologiques. J'ai besoin d'une compagne, de quelqu'un que je possède, que je domine, d'une personne dont je puisse dire qu'elle est à moi. Je peux faire de ma femme ce que je veux, elle subordonnée à l'homme - dans ce pays (Inde), pas en Amérique. Ici le système du mariage a fait de la femme une esclave destinée à être protégée, contrôlée, dominée, possédée. Ne regardez pas les autres, monsieur, vous êtes tous impliqués dans cela.

La femme est une possession ; de même que je possède des propriétés, je possède ma femme. Je la possède sexuellement, et je la domine extérieurement. Psychologiquement, la possession me donne du confort, une sécurité : ma propriété, ma femme, mes enfants . l'horreur de tout cela. Nous traitons des êtres humains comme nous traitons des biens matériels, sans aucune considération; car dès que je vous possède légalement, vous êtes sous ma domination.

La société légalise le mariage afin de perpétuer la race et de l'organiser; mais psychologiquement, intérieurement, je peux faire ce qui me plaît. Et vous connaissez toute cette affaire que devient l'existence : les horreurs, les agonies, les misères de ceux qui sont mariés et qui ne s'aiment pas.

Comment peut-il y avoir amour lorsqu'il y a possession ? Et si vous ne vous mariez pas, qu'arrive-t-il ? J'ai vu cela dans plusieurs pays ; Il y a ce que l'on appelle l'union libre. N'ayez pas l'air scandalisé. Là, s'il n'y a pas d'amour, l'union libre est une voie facile pour votre appétit sexuel et votre irresponsabilité. Donc, sans amour, les deux sont une horreur.

Mais la société se fiche bien de l'amour, s'il existe ou non; et comme, pour la plupart, nous sommes si plongés, si absorbés dans notre vie d'affaires, faisant de l'argent - ou autre chose- nous sommes tellement sans pitié dans nos affaires et si cruels dans le monde, comment pouvons nous en aucune façon aimer qui que ce soit dans nos maisons ? ...

... Le mariage est aussi une façon de se perpétuer soi-même. Je veux une continuité par mes enfants. Par conséquent, les enfants deviennent très importants, non pour eux-mêmes, mais pour ma propre continuité; mon nom, ma classe, ma caste ....

... Pour comprendre ce problème, pour découvrir ce qu'il implique, nous devons l'étudier, y pénétrer. En étudiant, l'intelligence naît, et ce n'est que par l'intelligence et l'amour que l'on peut traiter ce problème, pas par des législations ...

... L'intelligence est aussi amour, pas simple intellect; et nous ne pouvons pas aimer si, d'une part, nous sommes sans pitié dans nos affaires, dans la vie quotidienne, et d'autre part essayons d'être doux, tendres et charitables ? Vous ne pouvez pas faire les deux, vous ne pouvez pas être un homme riche et ambitieux et en même temps être tendre et affectueux.

Vous ne pouvez pas être un capitaine d'industrie, ou un grand politicien, et pourtant avoir de la compassion. Les deux ne vont pas ensemble. Ce n'est que lorsqu'il y a l'amour, la charité - qui est intelligence, la plus haute forme d'intelligence - que ce problème peut être résolu. Nous sommes des êtres humains, que nous soyons hommes ou femmes; nous sommes vivants, sensitifs, nous ne sommes pas des paillassons pour qu'on s'essuie les pieds sur nous, pour qu'on nous utilise sexuellement ou mentalement afin de satisfaire un plaisir.

Dès l'instant que nous nous considérons l'un l'autre comme des êtres humains, comme étant des individus, non comme quelque chose à posséder, il y a une possibilité de comprendre et d'aller au-delà de ce conflit qui existe entre deux personnes, dans le mariage.
Extraits des causeries des années 1948-1970.


d'ailleurs mariage ou pas, je dirais que c'est le type de relations qu'on installe avec l'autre qui donne le type de relation...possession ou amour...

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